LE CŒUR D'UNE MÈRE
TA pauvre mère est bien malade.
,Ne fais pas de bruit, mon enfant! Pas de cris, et pas de gambade!
C'est le docteur qui le défend'. »
L'enfant se tait. Dans sa demeure
La mort entre pendant la nuit.
Et, quand il se réveille, on pleure.
— «Puis-je à présent faire du bruit? »
De lui se détourne son père ; Puis on l'habille tout de noir.
— « Ah ! me voilà bien beau, j'espère? Je veux voir maman. — Viens la voir. »
Et, sanglotant, le père emporte L'enfant étonné dans ses bras Jusqu'en la chambre de la morte.
— « Maman ! . . . elle ne bouge pas.
V Porte-moi donc sur son lit, père! »
Et lui, dans ses pleurs étouffant.
Sur le cœur glacé de la mère Souleva le petit enfant.
I. C'est le père qui parle, près du chevet de l.i mère mourame.
POÉSIES DOMEbTK^UES 6l
— « Voilà celle dont la tendresse T'a nourri ! regarde-la bien.
Tu n'auras plus une caresse!
Hélas! elle n'entend plus rien! »
Il se trompait. Le cœur sans vie, Dès que l'enfant chéri fut là.
Se remit à battre', et ravie Cette mère se réveilla !...
Louis Ratisbonne.