LE LIVRE DE LA MISERICORDE
Les Philosophes, parlant secrètement dans leur langage énigmatique, ont dit : « Un corps ne reçoit pas Pâme d’un autre corps. Une âme ne demeure point dans un corps qui n’est pas le sien ; il faut qu’ils se conviennent mutuellement. » C’est pourquoi il est impossible au corps d’un homme de recevoir Lame d’un oiseau ou de tout autre animal. Et les âmes des animaux ne peuvent entrer dans le corps de l’homme, ni y faire leur résidence parce que la constitution du corps de l’homme le prédispose à la réception des lumières du monde supérieur, qui sont les âmes immortelles, qui possèdent l’existence propre, car elles proviennent du monde éternel ; tandis que la constitution d’un grand nombre d’animaux ne leur permet que l’incarnation des âmes provenant du monde inférieur et périssable, et constitué par les quatre principes, ce qui rend ces âmes elles-mêmes périssables. L’âme de l’être qui vit et qui parle diffère donc de celle de l’être qui vit et ne parle pas ; c’est pourquoi il est impossible à l’âme de l’être inférieur d’entrer dans le corps de l’être supérieur, parce que leurs corps et leurs âmes sont constitués de façon différente.
C’est pourquoi, dans l’œuvre (alchimique), l’on ne peut faire pénétrer l’âme que dans un corps qui a été constitué pour elle, et qui se trouve près d’elle dans les degrés d’union du monde inférieur au monde supérieur, et il est préférable que ces degrés soient les plus rapprochés possible. Et c’est ainsi que l’âme, ou mercure, ne peut demeurer que dans un corps qui lui est conforme.
11 y a deux mondes, le macrocosme et le microcosme. Le macrocosme est formé de la masse supérieure et de tout ce qui la domine, c’est-à-dire les forces spirituelles