‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 161 sur 229 · DES MALADIES INVISIBLES ET DE LEURS CAUSES · texte numérisé non relu

DES MALADIES INVISIBLES ET DE LEURS CAUSES

Le corps visible a son action en toutes choses, et tout son mouvement et tout ce qu’il fait, l’homme le voit. Mais ce n’est que la moitié du travail, celle que l'homme

PARACELSE

voit; l'autre moitié du travail, personne ne la voit : e’est celle qu’accomplit le corps invisible. Comme un charpentier qui construit une maison au moyen de deux corps, dans le corps invisible, il la construit dans son imagination, et dans le corps visible, il la construit visiblement.

Vous devez comprendre de même ici comment le corps a le pouvoir de construire, de former et de disposer ce que donne l’image. De même il est possible au corps invisible de construire et façonner des choses semblables, chaque corps suivant sa propriété et sa faculté de création.

L’homme a la domination sur toutes choses qui sont en lui, soit selon son désir, soit selon sa volonté. Car chaque désir et appétit est une concession et un commandement comme il se tient dans T imagination, ce qui se produit ainsi . De même que l’homme est audessus de son astre, comme Dieu est au-dessus du Firmament, d’où il commande : « Fais ceci, et fais cela ; qu’ici soit une comète, que là se tienne un autre signe », telle est cette puissance, et telle est également l’imagination de la femme ; ce qu’est son désir dans le corps extrême se trouve inscrit dans l’enfant. Car l’enfant est la figure du ciel ; et le corps est la terre ; et l’homme est un producteur de ces signes, comme Dieu dans le firmament. Et ces signes sont formés avec autant de rapidité qu’une étincelle qui s’échappe de l’acier. Et, de la même manière qu’une main tire avec force cette étincelle du caillou et produit un feu là où il n’y en avait pas, de même il faut comprendre comment le désir est un feu qu’il faut obtenir, et vers le jaillissement duquel toutes les pensées sont dirigées. Ainsi également la main invisible fait jaillir et produit une étincelle dans l’enfant, afin de faire un feu selon que la femme en a décidé dan*

sa fantaisie. Car son imagination interne est semblable aux yeux du basilic, lequel, partout où il regarde, produit la mort, parce que sa puissante imagination du regard lance le poison avec le regard, de telle sorte que le poison et le regard sont une seule et même chose. 11 en est de même dans la femme ; ce qu elle voit, dans le temps de l’imprégnation, et ce qu’elle désire ardemment se glisse en elle-même en même temps que le regard, et dans son propre fruit, dans le corps ; car ce n’est point autrement que ce fruit lui est soumis.

(Liber Paramirum, Livre III.)

NOSTRADAMUS

Michel de Nostredame, en latin Nostradamus, fut le plus célèbre astrologue du xvie siècle. Il descendait d'une famille juive de Provence nouvellement convertie. Après avoir étudié la médecine à Montpellier, il vécut, dans la retraite à Salon en Provence, où, dans la solitude, il composa ses Centuries, recueils de cent quatrains prophétiques, en vers, qui obtinrent un succès considérable. L'auteur y parle une langue bizarre, où des locutions italiennes, espagnoles et provençales se mêlent au français ; il y construit ses phrases synthétiquement comme en latin, et non analytiquement comme dans nos langues modernes. Des commentateurs ont cherché à en dissiper V obscurité : Chavigny , en 1596 ; Guynaud, en 1693 ; le curé de Louvicamp, en 1710 ; Théodore Bouys, en 1806 ; Eugène Bareste, en 1840, et enfin l’abbé Torné, curé de

NOSTRADAMUS

Saint-Denys-du-Pin , y a découvert de nombreux événements du xixe siècle. Les prophéties de Nostradamus ont rencontré , surtout au xvme siècle , beaucoup de détracteurs, de sceptiques et de railleurs. Pourtant nous croyons que la science, lorsqu elle aura mieux pénétré le mystère des fonctions psychiques reconnaîtra que l’esprit prophétique peut ne pas être une chimère. Il est bien certain que ce que nous appelons le temps, avec les trois divisions en passé, présent et futur, n'a pas plus d’ existence propre que la matière, reconnue par la physique moderne pour n’être qu’une hyperconcentration de mouvement vibratoire. On peut concevoir une modalité d’existence où il n’y ait ni passé ni futur, mais où toutes choses sont sur un même plan chronologique. Dans ces conditions, un esprit légèrement détaché de la chair, comme il l’est dans le sommeil, par exemple, ou dans l’hypnose, peut fort bien s’exercer à saisir les traces, flottant dans l’invisible, d’ événements qui ne s’accompliront que dans un temps fort lointain, mais s’accompliront certainement. Ces sortes de visions ne peuvent être claires et précises ; elles sont vagues et forcément mélangées d’erreurs, ce qui est le cas pour les prophéties de Nostradamus. Ceci posé, il faut reconnaître que certains des quatrains sont d’une précision troublante.

Page 1