‹ Anthologie de l'occultismeChapitre 170 sur 229 · GUILLAUME POSTEL · texte numérisé non relu

GUILLAUME POSTEL

Texte : Trois mères, les eaux de V esprit avec lesquelles il ordonna et disposa Tohu et Bohu , c est-à-dire la stupeur, en admirant, et la considération du lieu vide.

Commentaire : Les trois mères possèdent ainsi : les Eaux, Tohu et Bohu. Que les Eaux aient été la première matière du monde entier, les saints livres l’attestent et la Raison le démontre. Car de même que dans tous les êtres animés nous voyons que la racine première de la vie réside dans l’élément humide dans lequel ensuite agit la chaleur, de même il est nécessaire que la nature de toute la première matière ait été constituée dans l’humide, puisque ce par quoi une chose est, doit posséder à un degré plus éminent encore, la qualité de cette chose. Ainsi cet Esprit de Dieu qui se cache en dix Sephiroth et vingt-deux lettres, a tiré d’abord de sa puissance les eaux, dans la nature des choses, dans lesquelles eaux était Tohu, c’est-à-dire la stupeur de l’Esprit, et la première matière encore informe, et pour cette raison incompréhensible, puisque, quoiqu’elle fût d’une nature humide et liquide, elle ne présentait encore elle-même aucune forme, mais, semblable à un chaos, bouillonnait en elle-même jusqu’à ce que, peu à peu, fussent disposés par elle les cinq éléments. En second lieu, fut Bohu, c’est-à-dire le lieu encore vague mais cependant apte à contenir toutes les choses qui devaient paraître ensuite dans la nature des choses. Ainsi nous pouvons exprimer les trois mères : la Matière Première dans le chaos et la confusion liquide ; la même Matière disposée selon ses distinctions ; enfin, la Formalité elle-même, qui est le module de toutes les choses, quelles qu’elles soient, qui peuvent être tirées de la puissance de la Matière.

JEAN DEE

Une des plus curieuses jîgurts du xvie siècle est certainement celle de ce mathématicien anglais, qui fut U astrologue et le géographe de la grande Elisabeth. On lui doit de nombreux ouvrages sur la réforme du calendrier, Vart de la navigation, la perspective, les miroirs ardents, etc., et un fort intéressant ouvrage symbolique intitulé Monas Hieroglyphica. Mais ce qui donne à cet hermétiste un relief considérable et le différencie nettement de tous les autres écrivains de son époque, c’est qu’il a pris soin de laisser un journal de sa vie, assez régulièrement tenu et qui nous permet, chose rare, de pénétrer dans la vie intime d’un adepte du xvi6 siècle, tandis que la vie de ses confrères s’entoure de mystère et dégénère souvent en légende. Le Diary of Dr John Dee est à tous points de vue un monument curieux de la vie privée anglaise sous les Tudor. Un autre ouvrage qui n’a pas d’ équivalent dans aucune littérature est celui qu’il a intitulé : A true and faithful relation of what passed for many years between Dr John Dee and some spirits, paru en 1659. Jean Dee fit un voyage à Cracovie, chez le prince palatin Laski, puis à Prague, auprès de V empereur Rodolphe, pour leur proposer de les initier aux secrets de la pierre philosophale. Il emmena avec lui un bizarre personnage, nommé Edouard Kelly, dans lequel on n’a voulu voir qu’un fourbe, mais qu’il serait plus exact de considérer comme un medium que Jean Dee fit servir à ses expériences. Le livre ci-dessus rapporte, avec un grand luxe de détails, des expériences dans lesquelles

JEAN DEE

Edouard Kelly entrait dans des sortes de transes et rendait compte de ce qu’il voyait et entendait. Ce récit est le premier que l’on possède de véritables séances d’hypnotisme, ce qui le rend précieux à tous égards. Nous citons ici quelques-unes de ces pages bizarres, ou Jean Dee s' est ingénié à transcrire la langue des anges.

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