VAN HELMONT
ferment cependant en elles, avant cette solidité, un souffle qui, avant la génération, reproduit, par la renommée jusqu’alors féconde, une future génération interne et accompagne l’être engendré jusqu’à la fin de la scène.
Ce souffle, bien qu’il soit plus abondant dans certaines choses, n’est-il pas comprimé sous forme de suc dans les végétaux, et épaissi en une homogénéité beaucoup plus dense dans les métaux? Cependant, en chacune de ces choses, il lui est accordé d’être appelé Archée, contenant, comme cause efficiente interne, la fécondité des générations et des semences. Cet artisan, dis-je, possède l image de l’être engendré, au commencement duquel il adapte les destinations des choses qui doivent s’accomplir.
L’Archée est produit, en vérité, par la connexion du souffle ou matière vitale, avec l’image séminale qui est le noyau spirituel intérieur, contenant la fécondité de la semence ; la semence visible est en quelque sorte la gousse ( siliqua ) de 1 Archée. (Archeus faber , § 2, 3, 4 )
l’origine des formes
Pour connaître en quoi la créature peut contribuer à la production de la forme, il faut savoir que les êtres existants n’ont rien par eux-mêmes, pour la génération, mais qu’ils possèdent toutes choses par réciprocité et don gratuit ; ils doivent ainsi reconnaître que c’est Dieu qui accomplit médiatement et immédiatement toutes choses, que l’animal n’engendre pas l’animal, mais que la semence est faite en vue de l’animal. Car la semence est, à la forme de l’animal, comme l’architecte qui dispose ; et n’étant pas créateur de la forme, l’Archée n’emprunte au générateur ni la forme ni même la lumière de la vie, par laquelle resplendit la forme.
Ainsi l’Archée, au commencement de la génération, n’est pas encore lumineux ; mais il est le souffle dans lequel la forme, la vie ou l’âme sensitive de l’être engendré a brillé un peu de temps jusqu’à ce que le sceau de sa splendeur ait suffisamment imprimé quelque chose obscure.
Ce souille, avide de splendeur, doué de sensation dans le générateur, une fois qu’il se trouve caché dans l’être conçu, cherche par tous les moyens possibles à organiser les corps pour la réception de cette lumière et des actions qui dépendent de cette lumière. Et par le moyen de ce désir ardent, ce souffle s’embrase de plus en plus (ceci métaphoriquement est le désir de l’amour-propre de prier, de chercher et de frapper la nature), et il se précipite afin de recevoir cette lumière, forme ou vie. Cependant, il ne la reçoit que de celui qui est la voie, la vérité et la lumière vitale. Donc lorsque l’Archée est parvenu ici, il s’arrête, ne pouvant aller plus loin, tandis qu’il reçoit les formes de la main du Père des lumières, après qu’il a bien rempli ses fonctions.
(. Formarum Ortus, § 17, 18 et 19.)