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DES PLANÈTES BENEFIQUES ET MALÉFIQUES

Toutes les planètes sont, de par leur entité, et de façon absolue, bonnes ; tant parce que l’action d’exister est conjointe au bien, que parce qu’il est dit dès la Genèse, au chapitre Ier, au sujet de la création du soleil, de la lune et des étoiles : « Et Dieu vit cjue c’était bon. »

Les planètes, au regard des hommes, ne peuvent pas être dites bonnes ni mauvaises, mais bénéfiques ou maléfiques. Ce n’est point par leur seules qualités élémentaires qu’elles peuvent être dites bénéfiques ou maléfiques ; mais principalement par les influences propres. Car les hommes sont affectés plus efficacement par les influences propres que par les qualités élémentaires, desquelles la propriété est seulement de chauffer, de refroidir, etc. ; de même de raréfier ou de condenser ; et non pas de produire ces effets étonnants qui adviennent aux hommes, touchant leur vie, leur génie, mœurs, richesses, honneurs, actions d’éclat, mariages, procès, mort violente, etc., qui tous proviennent des influences, et qui dépassent certainement la puissance des qualités élémentaires.

Il n'est donc pas impossible qu’une même planète soit maléfique par les qualités élémentaires, et bénéfique

par les influences, et vice-versa ; de même qu’une même planète ne peut pas être à la fois bénéfique et maléfique des deux manières.

Nulle planète ne peut être, de sa nature, indifférente à l’homme, c’est-à-dire n’être ni bénéfique ni maléfique. Car si, de sa nature, elle eût été indifférente et eût été placée dans l’espace premier, comme nous l’avons dit du Soleil, elle eût donc produit un effet indifférent dans le cours de la vie, des mœurs, etc. ; or la planète n’est pas indifférente de nature, mais déterminée, tant par l'espace que par la qualité de l’effet...

Une planète est dite maléfique pour l’homme à cause de ses qualités élémentaires lorsqu ’en celui-ci les qualités contraires sont en excès dans les deux fondements de la vie, savoir la chaleur native et l’humide radical. Ainsi, puisque Saturne est une planète extrêmement froide et sèche, il est évident que, par sa nature même, elle est contraire aux fondements de la vie. De même Mars est chaud, d’où il est réputé ami de la vie ; cependant, comme sa chaleur est trop âcre et trop ignée, tandis que la chaleur native est douce et éthérée ^ aussi la chaleur de Mars est-elle fort ennemie de la vie. C’est pourquoi les planètes Saturne et Mars sont considérées comme maléfiques par leur nature élémentaire. Elles sont redoutées comme telles par tous les astrologues, qui leur ont d’ailleurs appliqué exclusivement ce nom.

Pour ce qui est des autres planètes, il est certain que Jupiter et Vénus ne sont pas maléfiques, car la chaleur douce et vitale prédomine en eux ; mélangée cependant dans Jupiter avec un peu de sécheresse ; dans Vénus, avec beaucoup d’humidité bienfaisante ; et puisqu’ainsi ils sont amis de la vie, ils ont été considérés comme tels, et à juste titre, par les anciens. Il reste le Soleil, la Lune

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et Mercure, que plusieurs font d’une double nature ; et comme nous avons dit qu’il n’est pas d’astres indifférents, ils sont donc, de leur nature, ou bons ou mauvais.

Il est démontré que le Soleil est bénéfique, parce qu’il possède plus de chaleur douce, et vitale que les autres planètes ; parce qu’il excite à la vie la chaleur native des semences ainsi que les fonctions vitales, et qu’il réchauffe les êtres vivants.

La Lune, en raison de sa froideur, est tenue pour contraire à la vie ; néanmoins cependant, sa nature élémentaîe est aqueuse, et l’eau est le principe de la génération et de la fécondité.

Enfin Mercure peut être comparé à la nature éiémentale de Saturne, à un degré inférieur ; cependant, il est certain qu’elle doit être considérée plutôt comme maléfique selon ses qualités éîémentales.

Jupiter, Vénus, le Soleil, Mercure et la Lime sont des planètes bénéfiques par leurs propres influences. Pour Jupiter et Vénus, il n’y a aucun doute ; pour le Soleil, la Lune et Mercure, la qualité de bénéfique leur convient aussi bien qu’aux deux premières lorsque, suivant les observations des anciens astrologues, le Soleil, la Lune ou Mercure se trouvent en bons aspects et dans leurs maisons propres, libérés de toute commixtion mauvaise avec Saturne et Mars. Ces deux dernières, de l’avis de tous les astrologues, sont considérées comme maléfiques par leurs influences propres.

Enfin, les planètes bénéfiques, par leur nature, peuvent dégénérer en maléfiques et les maléfiques en bénéfiques ; par exemple Jupiter ou le Soleil dans la maison VIII, qui est celle de la Mort, deviennent maléfiques, et dans la maison Ire, qui est celle de la Vie, sont bénéfiques. f Livre XIII, chapitre III.)

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