WRONSKI
Réforme du savoir humain , tous ces difficiles et augustes problèmes de l’humanité. — Les voici, tels qu’ils ont été déduits des sept réalités élémentaires du monde, desquelles résultent les susdites sept réalités systématiques et suprêmes de l’homme.
Première Réalité. — Philosophie.
Problème I. — La philosophie, et nommément la philosophie absolue que le Messianisme est appelé à constituer, doit, avant tout, fonder une certitude inconditionnelle chez l’homme ; certitude qui n’existe pas encore, et sans laquelle il ne saurait y avoir, pour l’être raisonnable, aucune vérité absolue.
Problème II. — Elle, la philosophie, doit en conséquence, découvrir le principe absolu du monde, c’està-dire, l’essence intime de I’archi-absolu ou de ce qui est indicible ; principe duquel seul découle toute réalité, et par conséquent la certitude absolue dans le savoir humain (Problème I). — C’est la solution de ce deuxième problème qui constitue la base immuable du corps systématique de la doctrine du Messianisme.
Problème III. — Elle, la philosophie absolue, doit, de plus, dévoiler la création de l’univers, dans son origine, dans ses progrès et dans ses fins, en la déduisant tout entière du susdit principe inconditionnel de toute réalité (Problème II).
Problème IV. — Elle doit même, en se fondant toujours sur cet absolu principe de réalité, démontrer positivement, d’une manière didactique et rigoureuse, la création propre, non seulement de I’être suprême, nommé dieu, mais, de plus, de ces deux éléments pri-
mordiaux, qui, sous les noms augustes de T absolu et du verbe, sont, en Dieu, les principes de sa réalité.
Problème V. — Elle doit aussi, dans l'essence de l’acte de la création, découvrir la loi que suit nécessairement cette haute production spontanée de l’univers ; et elle doit par là dévoiler la loi de création, cette loi auguste qui donne naissance à toute réalité quelconque, même à celle de Dieu.
Problème VL — Elle doit, par là même, c'est-à-dire, en connaissant la loi de création de toute réalité (Problème V), se trouver, non seulement au-dessus de Terreur, dont elle doit signaler les sources et les abîmes, mais de plus au-dessus de la vérité, qu’elle seule peut ainsi produire et établir définitivement dans le monde.
Deuxième Réalité. — Religion.
Problème VII. — La religion, et nommément la religion absolue, le paraclétisme, que la doctrine messianique est appelée à constituer, doit, munie de la loi de création, dévoiler l’origine céleste du bien, et l’origine infernale du mal, en montrant que la production réelle du premier est un ouvrage spontané du Créateur, et que l’existence effective du dernier ne peut s’établir que comme ouvrage également spontané de créatures libres, douées de la puissance créatrice de la raison, dont un perversif usage peut seul introduire aussi le mal dans le monde.
Problème VIII. — - Elle, la religion, doit encore prouver que, si le mal existe effectivement sur la terre, c’està-dire, si l’homme, comme être raisonnable et par conséquent libre, peut donner la préférence à la maxime du
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mal sur la maxime du bien, cette dépravation morale de la nature humaine, cette présence ou révélation en nous de l’idée du mal, loin d’être un ouvrage immédiat du Créateur, accuse au contraire une perversive création secondaire du mal, une véritable chute morale, chez les êtres supérieurs de qui nous tenons ce funeste héritage.
Problème IX. — Elle, la religion absolue, doit alors, en suivant toujours la loi de la création, décliner notre responsabilité propre de cette chute morale (Problème VIII), en prouvant qu’avant l’actuelle époque historique, c’est-à-dire avant le développement providentiel et accompli de l’homme, où il est parvenu aujourd’hui sous ses conditions terrestres, il lui était impossible, absolument impossible de concevoir, et surtout de déterminer positivement, dans son caractère essentiel, le problème de ses destinées, par la solution duquel l’humanité peut actuellement se libérer de son état mortel de dépravation morale, et peut être ainsi, avant tout, obtenir déjà la réhabilitation de son état primitif de pureté morale ; réhabilitation qui accomplira d’abord les destinées relatives de l’humanité actuelle.
(. Messianisme , Paris, Didot, 1847).
VAi LLANT
(vers iS5o)
J. -A. Vaillant , fondateur du Collège interne de Bucarest , professeur de littérature à V Ecole Nationale de Saint- Seva} fut un savant très remarquable , d’une érudition
curieuse et variée. Il fut, avec Csoma Kôrosî , Vun des premiers à comprendre le parti extraordinaire que Von peut tirer de la philologie en y cherchant les clefs directrices de Vhistoire et des migrations des peuples. Malheureusement, il écrivit à une époque où la science matérialiste et rationaliste exerçait une dictature féroce sur V esprit humain, et où toute incartade, hors des sentiers battus et des lieux communs officiels, était traitée de fantaisie méprisable. Il en résulta que les œuvres de Vaillant, malgré leurs audaces étincelantes, demeurèrent inconnues , et que leur auteur fut profondément oublié. Il a écrit sur le rôle de la race Bohémique, comme propagatrice de Voccultisme, plusieurs ouvrages, dont le principal, Les Rômes, Histoire vraie des vrais Bohémiens, parue en 1857, chez Dentu, est de tout premier ordre.
Nous en extrayons un chapitre sur la Sagesse ésotérique.