OU ENTRETIENS PHILOSOPHIQUES
Tseu-hia dit à Khoung-tseu : « Les lois du rituel existent-elles sans la sincérité des sentiments? » Le Philosophe répondit : « Ghang a saisi ma pensée; Chang commence maintenant à comprendre les poésies du Ghou-king. »
Le Philosophe dit : « Je puis parler des rites et des cérémonies de la dynastie Hia; mais les princes de Ki sont incapables d’en connaître le sens caché. Je puis parler des rites et des cérémonies de la dynastie Yn ; mais les princes de la dynastie Sang sont incapables d’en saisir le sens caché; les documents et l’opinion des hommes font défaut pour en connaître les causes. S’ils
ne faisaient pas défaut, nous pourrions en saisir le sens le plus caché. »
Le Philosophe dit : « Dans le grand sacrifice royal nommé Ti, après que la libation a été faite pour demander la descente des esprits, je ne désire plus rester spectateur de la cérémonie, car je n’en puis supporter la vue. »
Quelqu’un ayant demandé à Klioung-tseu quel était le sens du grand sacrifice royal Ti, le Philosophe répondit : « Je ne le connais pas. Celui qui connaîtrait ce sens, tout ce qui est sous le ciel serait pour lui clair et manifeste, et il le pourrait gouverner. » Et il montra la paume de sa main.
Il sacrifiait aux ancêtres comme s’ils eussent été présents ; il adorait les esprits et les génies comme s’ils eussent été présents. Le Philosophe disait : « Si je n’assistais pas aux cérémonies du sacrifice, je ne croirais pas que ce soit un sacrifice. »
Wang-sun -kia demanda ce que l’on entendait en disant qu’il valait mieux adresser des hommages au génie du foyer qu’au génie tutélaire des endroits cachés de la maison. Le Philosophe dit : « Il n’en est pas ainsi; dans cette supposition, celui qui a commis une faute envers le ciel ne saurait pas à qui adresser sa prière. »
(■ Chapitre III , § 8 à i3.)
LAOTSEU
(vie OU IVe SIÈCLE AV. J.-C.)
A p rès Khoung-tseu , Lao-tseu est le plus grand nom dans la philosophie chinoise. A V opposé du premier, sa