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LES PAPYRUS MAGIQUES

du papyrus, et offrez de la myrrhe et du kuphi, et ayez également un petit vase de chrysolite dans lequel vous mettrez de l’onguent de lis, ou de myrrhe ou de cinnamome ; et prenez la bague et mettez-la dans l’onguent après l’avoir préalablement purifiée de toute souillure, et brûlez dans l’encensoir le kuphi et la myrrhe. Laissezla trois jours et prenez-la et mettez-la dans un lieu pur.

Pour la célébration, ayez à votre portée quelques pains non levés et des fruits de la saison, et ayant fait un autre sacrifice sur des bois de vigne, pendant le sacrifice retirez la bague de l’onguent et oignez-vous de fonction. Oignez-vous de bonne heure le matin, et, vous tournant vers l’Orient, prononcez la formule citée plus loin :

Manière de sculpter le scarabée :

Sculptez le scarabée sur une émeraude précieuse ; percez-le et passez-y un fil d’or, et, sous le scarabée, gravez la figure sacrée d’Isis, et, l’ayant consacré comme il est dit ci-dessus, portez-le sur vous.

Jours convenables pour l’opération : le 7, le 9, le 10, le 12, le i4, le 16, le 21, le 24, et le 25 du mois, au lever du soleil. Les autres jours il faut s’abstenir.

Formule qu'on prononce en se tournant vers le Soleil :

« Je suis Thouth, inventeur et créateur des médicaments et des lettres. Viens à moi, esprit qui es sous la terre; lève-toi pour moi, grand esprit, le Phnounochthonios. Je suis le conquérant de la gloire. Je suis l’œuf de 1 ibis, l’œuf de l’épervier, le petit du sphinx qui traverse les airs, ayant sous ma langue le signe du Telma de l’Em : je suis vêtu de la peau du Keph. Si je n’obtiens pas de lire ce qu’il y a dans l’âme de tous les Egyptiens,

Grecs, Syriens, Ethiopiens, de toute race et de toute nation, si je n’obtiens pas de connaître leurs professions, leurs habitudes, leurs travaux, leurs vies et leurs noms et ceux de leurs pères, mères, sœurs et amis et de leurs défunts, je verserai le sang du noir à oreilles de chien dans un vase neuf et fermé ; je le placerai sur une bouilloire neuve et je brûlerai dessous les os d’Esiès; et je crierai dans le port de Busiris, le nom de celui qui demeura dans le fleuve trois jours et trois nuits, l’Esiès, celui qui fut entraîné par le courant du fleuve dans la mer, qui fut enseveli dans les vagues de la mer et fut volatilisé dans les nuées de l’air.

« Ton ventre sera dévoré par le poisson; et je n’empêcherai pas les poissons de broyer ton corps avec leurs bouches; non, les poissons ne fermeront pas leurs bouches. J’enlèverai à sa mère celui qui n’a pas de père, le ciel sera abaissé et les deux montagnes réunies en une seule. Je lâcherai Ânoixin contre vous et il sera livré à lui-même. Je ne permettrai pas qu’un dieu ou une déesse rende un oracle, jusqu’à ce que moi, je lise ce qui est dans lame de tous les hommes, Egyptiens, Syriens, Grecs, Ethiopiens, de toute race et de toute nation, de ceux qui me questionnent, de ceux qui se présenteront à ma vue, -soit qu’ils parlent, soit qu’ils gardent le silence, afin que je puisse leur révéler ce qui leur est arrivé autrefois et ce qui leur arrivera ; et que je puisse connaître leurs professions, leurs vies, leurs habitudes, leurs travaux, et leurs noms et les noms de leurs morts et de tous les hommes et que je puisse lire une lettre scellée et que je puisse leur faire connaître l’avenir sans erreur. »

(Papyrus grec du British Museum.)

HORAPOLLON

HORAPOLLON

(vers LE Ier SIÈCLE AYANT J. C.)

Le livre des Hieroglyphics, attribué à Horapollon , bien que de très basse époque, est essentiellement égyptien. Son auteur était de Nilopolis, ville voisine du nome Héracléotique, dans l’Egypte moyenne ; il a écrit son livre en égyptien (caractères démotiques) , et la traduction grecque que nous en possédons est V œuvre d’un nommé Philippes. Les Hieroglyphics, mal interprétés, furent en grande faveur au temps de Kircher. Plus tard, à la naissance de la science égyptologique, ils f urent très injustement méprisés. Cependant, Champollion démontra que ce livre contenait V interprétation exacte des hiéroglyphes; et c’est à tort qu’on l’a considéré comme une œuvre gnostique ou alexandrine. Selon nous, le livre des Hieroglyphics, malgré les inexactitudes de son traducteur grec , est une œuvre de vulgarisation qui représente le questionnaire adressé av^c postulants de V initiation dans les temples d’Egypte sous l’époque grecque.

LES HIEROGLYPHICA

COMMENT REPRÉSENTE-T-ON l’ ETERNITE P

(en hiéroglyphes)

Pour représenter EEtemité, on figure le Soleil et 1s Lune parce que leurs éléments sont étemels. Mais quand on veut représenter autrement l’Eternité, on trace un serpent dont la queue est enveloppée par le corps, ce que les Egyptiens appellent Ouraios (Uræus), et les Grecs Basiliskon. Et ils en placent des effigies en or autour

ANTHOLOGIE DE l’oCCULTISME

dee dieux. Les Egyptiens disent que l’Eternité est représentée par cet animal, parce qu’il existe trois sortes de serpents; les autres sont mortels; celui-là seul est immortel, et c’est pour cette raison qu’il tue tout animai sans le mordre, et par son seul souffle. Et c’est pourquoi, ayant pouvoir de vie et de mort, on le place sur la tête des dieux.

(Livre I. § i.)

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