LE PARFUM DE PAN
Tous les parfums
J’invoque Pan, substance universelle du monde, Ciel, mer profonde, terre multiforme et feu impérissable. Car ce sont là les membres de Pan. Chèvre-pieds, qui bondis,
heureux, qui tournes en cercle, maître des tempêtes, qui conduis les astres et dont la voix figure les concerts éternels du monde, dieu aimé des bergers et des pasteurs qui affectionnent les claires fontaines, Dieu rapide, qui habites les collines, ami du son, chéri des nymphes, qui engendres toutes choses, daimon célèbre et cosmocrate, habitant des antres, irascible, armé de cornes de bouc par la volonté de Zeus, c’est sur toi que reposent les limites solides de la terre génératrice, les flots bruyants de la mer éternelle et l’océan qui enveloppe la terre de ses ondes salées ; c’est en toi que repose une portion de l’air et le feu puissant, élément de toutes choses, base de la flamme éternelle ; c’est à toi que sont soumis tous les divins éléments ; tes ordres puissants changent les lois de la nature et tu peux augmenter à ton gré le nombre des années de la vie des mortels. Père tout puissant, père triomphateur, accepte ces libations, permets que ma vie ait une fin juste et favorable et éloigne des limites de la terre toutes les terreurs paniques.
{Hymne X)
PYTHAGORE
(vi® SIÈCLE AVANT . . C.)
Ce nom illustre domine la philosophie grecque ; il a été cité avec respect par Socrate, Aristote et Platon, et il n’est peut-être pas de secte qui n’ait subi son influence. La philosophie de Pythagore n’est point purement spéculative comme celle de Platon, ou purement rationaliste comme celle d’Aristote ; elle est une synthèse harmonieuse, bâtie sur la puissance du nombre et sur la con-
PYTHAGORE
naissance des lois secrètes de la nature et de Vhyperna ture. Exempte des sublimes impossibilités du Christianisme, elle est la doctrine par excellence , praticable par tous, et Von est parfois étonné qu’elle ne soit pas devenue la règle universelle , imposée à tous les peuples par eux-mêmes. La personnalité de Pythagore est demeurée mystérieuse. L’école qu’il avait fondée réunit un nombre considérable d’adeptes ; elle comportait une initiation et des épreuves, et la vie qu’on y menait était austère, pure et irréprochable. Cette école périclita, et il n’en subsistait plus rien au temps de Platon. Et pourtant le souvenir de Pythagore demeura si puissant, que, six siècles après lui, une nouvelle école se fonda autour de son nom, et que des hommes illustres, tels que Jamblique et Porphyre, ne trouvèrent rien de mieux que de se réclamer de sa doctrine. Il ne reste aucun écrit de Pythagore. Les Vers dorés qu’on lui a attribués ne sont pas de sa composition. Néanmoins, ils sont bien antérieurs à l’époque alexandrine, qui les accepta avec un religieux respect. Nous croyons que ces vers, qui sont l’œuvre d’un pythagoricien convaincu, contiennent vraiment l’expression de la pure doctrine du philosophe. Et nous ne craignons pas d’affirmer que celui qui mettrait rigoureusement ces sentences en pratique, acquerrait certainement une puissance qui le placerait au-dessus de ses contemporains. C’est pourquoi nous donnons ici ce texte célèbre auquel l'antiquité a attribué un véritable pouvoir magique. La j traduction de Fabre d’Olivet étant empreinte de la sorte d’emphase inhérente à l’époque napoléonienne, nous avons cru devoir donner une version nouvelle, rigou reusement conforme au texte grec.