LE LIVRE DES PRODIGES
Prodiges advenus sous les consuls Caius Pansa , et Hircius , l’an 711 de Rome.
Lorsque les honneurs furent décernés à César, en même temps que lui fut confié le commandement des armées contre Antoine, on trouva dans les victimes
immolées des entrailles doubles. Toutes les entreprises qui suivirent furent prospères. La statue du consul Caius Pansa se renversa dans la maison d’Antoine. Un cheval tout harnaché s’arrêta net à cette vue. Comme César s’éloignait, un homme du peuple lui présenta sa main toute pleine du sang des victimes. Ces prodiges lui furent funestes. Car bientôt, en combattant contre Antoine, il fut blessé à mort ; des espèces d’armes et de flèches s’élevèrent miraculeusement de la terre vers le ciel. Les enseignes de la légion, que Pansa avait laissées pour garder la ville, furent trouvées couvertes de toiles d’araignées comme si elles avaient été abandonnées depuis longtemps, et plusieurs furent frappées par la foudre. Dans les camps de César, au lever du jour, un aigle se posa au sommet du prétoire, et, excité par un grand nombre de petits oiseaux qui l’entouraient, il s’envola. Une voix s’exprima par l’oracle d’Apollon ; l’hiver, les loups furent en rage ; l’été il n’y eut pas de récolte de froment. A cause des vétérans qui réclamaient le Consulat pour César, il y eut de grands troubles à Rome. Pendant que César conduisait l’armée au Champ-de-Mars, six vautours apparurent. Au moment où, étant créé consul, il montait aux rostres, six vautours furent aperçus de nouveau, présageant qu’il allait fonder de nouveau la ville, comme sous les auspices de Romulus.