LA LIONNE AU CRÉPUSCULE
Elle vient de quitter les ombres des massifs Où rit près des nopals la source purpurine, Pour diriger son pas vers la grève marine Qu'elle contemple au loin de ses yeux expressifs.
Elle arrive. . . Un flot jase aux pieds des blancs récifs Et la fraîcheur des mers, qui gonfle sa poitrine, Fait palpiter son cœur et frémir sa narine ; Cependant qu'au ciel bleu vont des aigles pensifs.
Et l'astre, par delà les sables roux des côtes, Dore le fond vermeil des atmosphères hautes, Et ses reflets sanglants bordent l'éther rougi.
Mais, dressant tout à coup ses formes musculaires,
L'animal étonné vers le soleil rugit. . .
Sublime adieu du fauve aux feux crépusculaires.
(Les Bengalis)