ALBERT LOZEAU
étoiles familières et la lune, compagne fidèle et fantasque, la neige qui tourbillonne de Vautre côté des vitres, les sourires encore aigris de mars, les promesses de juin, accablant et tardif, la mélancolie splendide des septembres; V harmonie qui met du ciel dans les moelles. . . Puis la nostalgie de la femme, V admiration chaste presque toujours, et parfois ardente, pour celle à qui tous les vœux du poète s'adressent. Enfin, un sentiment religieux beaucoup plus moderne que celui de ses confrères, un sentiment religieux traversé de doutes, rompu d'angoisses, mais d'autant plus poignant . . . Des pensées qui se formulent à peine et se résorbent en rêveries, des rêveries qui soudain se précisent en pensées, comme à la lueur d'un éclair surgissant d'un paysage qui, la seconde d'après, s'évanouira dans la nuit: telles sont les inspirations^ ordinaires de M. Lozeau.)) (Charles ab der Halden, Nouvelles Études sur la littérature canadienne- française)
M. Charles ab der Halden parlait ici de /'Ame Solitaire (1907). Ajoutons seulement que ces lignes pourraient aussi bien s'appliquer au Miroir des Jours (1912), à cette différence près que l'auteur, dans ce dernier recueil, témoigne d'une habileté technique et d'une perfection de forme encore plus marquées.
Dans Lauriers et feuilles d'érable, M. Lozeau s'est essayé à la poésie patriotique, avec un succès contestable.
Il mourut à Montréal, en 1924.