‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 114 sur 241 · JOUR D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

JOUR D'AUTOMNE

Ce jour a l'air d'un long crépuscule oublié, Et comme un fin brouillard de nuit grise, s'éploie. Dans les arbres le vent passe en un bruit de soie; Feuille à feuille s'abat l'orgueil du peuplier.

Montant, oblique et noire, à ce grand ciel brouillé, Une lente fumée, au lointain morne, y noie Le mince rayon d'or que l'heure triste envoie Parfois, terne et transi, d'espace froid mouillé.

Tout paraît assoupi. Le fracas de la roue S'éteint vite, à moitié retenu par la boue; La Lassitude règne; et bientôt le sommeil,

A pas silencieux viendra, vainqueur sans glaive, Rendre au songe léger l'air d'un jour de soleil, Afin que, comme un bel oiseau clair, il s'élève.

(L'Ame solitaire)

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