‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 136 sur 241 · LE MAI D'AMOUR · texte numérisé non relu

LE MAI D'AMOUR

Voici que verdit le printemps

Où l'heure au cœur sonne vingt ans,

Larivarite et la la ri.

Voici que j'ai touché l'époque Où l'on est las d'habits en loque, Au gentil sieur il faudra ça, Ça! .

La la ri, Jeunes filles de bel humour, Donnez-nous le mai de l'amour,

Larivarite et la la ri.

vSoyez blonde ou brune ou châtaine, Ayez les yeux couleur lointaine,

Larivarite et la la ri, Des astres bleus, des perles roses, Mais surtout, pas de voix moroses:

Belles de liesse, il faudra ça, Ça!

La la ri

Il faudra battre un cœur de joie Tout plein de gaieté qui rougeoie, Larivarite et la la ri.

Moi, j'ai rêvé de celle-là Au cœur triste dans le gala, Larivarite et la la ri, Comme l'oiseau d'automne au bois Ou le rythme du vieux hautbois, Un cœur triste, il me faudra ça, Ça!

EMILE NELLIGAN

La la ri,

Triste comme une main d'adieu Et pur comme les yeux de Dieu, Larivarite et la la ri.

Voici que vient l'amour de mai, Vivez-le vite, le cœur gai,

Larivarite et la la ri.

Ils tombent tôt, les jours méchants, Vous cesserez aussi vos chants; Dans le cercueil il faudra ça,

La la ri,

Belles de vingt ans au cœur d'or, L'amour, sachez-le, tôt s'endort, Larivarite et la la ri.

j {Œuvre)

Voici que la tulipe et voilà que les roses, Sous le geste massif des bronzes et des marbres, Dans le Parc où l'Amour folâtre sous les arbres, Chantent dans les longs soirs monotones et roses.

Dans les soirs a chanté la gaîté des parterres Où danse un clair de lune en des poses obliques, Et de grands souffles vont, lourds et mélancoliques, Troubler le rêve blanc des oiseaux solitaires.

Voici que la tulipe et voilà que les roses Et les lys cristallins, pourprés de crépuscule, Rayonnent tristement au soleil qui recule, Emportant la douleur des bêtes et des choses.

Et mon amour meurtri, comme une chair qui saigne, Repose sa blessure et calme ses névroses. Et voici que les lys, la tulipe et les roses Pleurent les souvenirs où mon âme se baigne.

Ça!

SOIRS D'A UTOMNE

{Oeuvré)

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