‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 148 sur 241 · LIMINAIRE · texte numérisé non relu

LIMINAIRE

Qui que tu sois, passant du ténébreux chemin Où la vie a semé ses urnes cinéraires, O promeneur hanté de sublimes chimères, Si tu veux te survivre à toi-même, demain,

Cueille pieusement les sanglots surhumains Que rythme, dans ton sein, ce cœur qui s'exaspère. L'Idéal n'est vivant qu'aux cimes des calvaires: Adore ta douleur et donne-lui ta main.

ALBERT DREUX

Et surtout garde-toi de suivre cette tourbe, Affreux troupeau bêlant, qui piétine et s'embourbe Sur la route vulgaire et s'y vautre en riant.

Marche seul et sois fier; plein de morgue, relève Ta tête altière, et fuis les contacts infamants; Ne choisis pour sentier que celui de ton rêve.

(Le Mauvais Passant)

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