À LA BASOCHE
Aux étudiants de mon temps
Laisse-moi te chanter, amante De l'Art, du Code et du Scalpel, De tous nos cerveaux en tourmente Le sûr et tranquille archipel.
O promontoire du franc verbe, Nouveau jardin d'Academus, De ma prime jeunesse en herbe Entends les pieux oremus !
Que j'ai passé de belles heures A me sentir jeune et vantard, Suivant les cours ((sans feu ni feurre» Où j'étais toujours en retard!
O les cours dans le froid matin!
Les uns bâillent, les autres dorment, Sachant devoir être demain De savants avocats . . . sous l'orme.
O les cours où, l'air ennuyé, Le professeur lit et défriche Le Code vague et embrouillé Qui fait payer le client riche!
Un basochien qui vient d'Oka
Et sent mauvais — c'est synonyme —
Frise, avec des airs délicats,
Un brin de moustache minime.
Sapiente Université!
— Soit dit sans nulle repentance, — C'est dans ton sein que j'ai tété Le lait de la jurisprudence.
(Figurines)