‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 175 sur 241 · À LA BASOCHE · texte numérisé non relu

À LA BASOCHE

Aux étudiants de mon temps

Laisse-moi te chanter, amante De l'Art, du Code et du Scalpel, De tous nos cerveaux en tourmente Le sûr et tranquille archipel.

O promontoire du franc verbe, Nouveau jardin d'Academus, De ma prime jeunesse en herbe Entends les pieux oremus !

Que j'ai passé de belles heures A me sentir jeune et vantard, Suivant les cours ((sans feu ni feurre» Où j'étais toujours en retard!

O les cours dans le froid matin!

Les uns bâillent, les autres dorment, Sachant devoir être demain De savants avocats . . . sous l'orme.

O les cours où, l'air ennuyé, Le professeur lit et défriche Le Code vague et embrouillé Qui fait payer le client riche!

Un basochien qui vient d'Oka

Et sent mauvais — c'est synonyme —

Frise, avec des airs délicats,

Un brin de moustache minime.

Sapiente Université!

— Soit dit sans nulle repentance, — C'est dans ton sein que j'ai tété Le lait de la jurisprudence.

(Figurines)

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