CHANT NATIONAL
O Canada ! terre de nos aïeux, Ton front est ceint de fleurons glorieux, Car ton bras sait porter l'épée,
Il sait porter la croix.
Ton histoire est une épopée .
Des plus brillants exploits; Et ta valeur, de foi trempée, Protégera nos foyers et nos droits.
Sous l'œil de Dieu, près du fleuve géant, Le Canadien grandit en espérant.
Il est né d'une race fière;
Béni fut son berceau.
Le ciel a marqué sa carrière Dans ce monde nouveau :
Toujours guidé par sa lumière, Il gardera l'honneur de son drapeau.
Amour sacré du trône et de l'autel, Remplis nos cœurs de ton souffle immortel.
Parmi les races étrangères Notre guide est la foi ;
Sachons être un peuple de frères
Sous le joug de la Loi; Et répétons, comme nos pères, Le cri vainqueur : Pour le Christ et le Roi!
(Les Échos)
On dit que le boa, le grand serpent d'Afrique, Quand il est bien repu de chair vive et de sang, Se recourbe et s'endort d'un sommeil léthargique En serrant les anneaux de son orbe puissant.
Quand je te vois, gisant sur ton lit de poussière, Immense Colisée aux arceaux surannés, Je me dis que sans doute, ô grand monstre de pierre, Tu cuves les festins que César t'a donnés!
Hélas ! il t'a servi tant de chair virginale, Versé tant de sang pur pour apaiser ta faim, Que tu n'as pu survivre à l'orgie infernale, Et que ton lourd sommeil n'aura jamais de fin!
Éternel monument de haine et de luxure, Je suis à ton aspect tenté de t'exécrer; Mais le sang des martyrs a lavé ta souillure, Et quand je viens à toi c'est pour te vénérer!
Je le baise en pleurant, ton marbre séculaire, Et tremblant de respect, d'amour et de terreur, Je pétrirais mon pain de ta sainte poussière, Sûr d'y puiser un sang qui me rendrait meilleur!
BIBLIOGRAPHIE. —■ En vers : Les Perce-Neige (Québec, 1886). — En prose : Albani (Emma Lajeunesse) (Québec, 1874) ; — A mes enfants (Québec, 1875) ; — Échos de Québec (Québec, 1877) ; — - Notre constitution et nos institutions (Montréal, 1878); — Nos