‹ Anthologie des poetes canadiensChapitre 57 sur 241 · LE LABOUREUR · texte numérisé non relu

LE LABOUREUR

Derrière deux grands bœufs ou deux lourds"percherons L'homme marche courbé, dans le pré solitaire, Ses poignets musculeux rivés aux mancherons De la charrue ouvrant le ventre de la terre.

Au pied d'un coteau vert noyé dans les rayons, Les yeux toujours fixés sur la glèbe si chère, Grisé du lourd parfum qu'exhale la jachère, Avec calme et lenteur il trace ses sillons.

Et rêveur quelquefois il ébauche un sourire: Son oreille déjà croit entendre bruire Une mer d'épis d'or sous un soleil de feu.

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