BALLADE DE BOTREL À CAUGHNAWAGA
Quand nos cloîtres, nos monastères, Se furent transformés pour lui En vingt humaines fourmilières Pleines d’agités de Saint-Guy,
M. ÉDOUARD FABRE-SURVEYER ___
Quand il recevait des hommages À le rendre vingt fois gaga, Évoquant de vagues images, Botrel songeait : Caughnawag:
Quand notre jeunesse française S'égosillait à lui crier
Les couplets äe la Paimpolaise,
— Musique de J. Feautrier, — Regardant ces joyeux visages,
Sa Douce au Barde dit : «Mon RER «J'en ai soupé, de ces sauvages,
« Voyons ceux de Caughnawaga ! »
Pour rivaliser en bizarre
Avec les costumes bretons, L'Indienne à son tour se chamarre D'oripeaux des plus rares tons; Des couleurs les plus saugrenues, Du vert tendre jusqu’au nougat, L’'Indien barbouille ses chairs nues, Pour Botrel, à Caughnawaga.
Exvor
(A celle qui m'adresse une carte postale de fabrication parisienne, cp M. et Madame Botrel chez les Indiens de Caughnawaga.)
Princesse, prions les images Pour que Botrel dise à ses gâs Qu’'au Canada tous les sauvages Sont parqués dans Caughnawaga !
Wilfrid Lalonde
BIBLIOGRAPHIE.— Souvenirs de collège, vers de jeunesse (Montréal, 1896).
Sous le nom d'Ajax, M. Wilfrid Lalonde a collaboré au Nationaliste, au Journal de Françoise, au Passe-Temps.
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M. Wilfrid Lalonde, né à Sainte-Marthe de Vaudreuil le 12 avril 1876, a été élevé à Rigaud, en face de la montagne. Admis au barreau en 1898 après des éludes secondaires au Collège Bourget, de Rigaud, et des études professionnelles à l'Université Laval de Montréal, il pratique aujourd'hui sa profession à Mont-Laurier (Québec). A ses moments de loisir il cultive, près de ce village, une jolie petite fermemodèle. Les premiers vers de M. Lalonde ne passeront pas à la postérité, et depuis quelques années il a un peu négligé les Muses; mais certaines pièces qu'il publia en 1906 et 1907, surtout dans le Nationaliste, ont à bon droit attiré l'attention; cilons : Le Fou, Ventre affamé. Aux poètes décadents. Comme Arvers, à sera peut-être, devant la postérité, l’homme d'un sonnet.
M. Lalonde est d'ailleurs un modeste. Ce poèle avocat et laboureur avait oublié quelques-unes de ses meilleures œuvres : nous avons dû, pour les lui rappeler, les copier à son intention dans les journaux où elles avaient paru.
LE FOU (1906) \ ‘Nous éteindrons au ciel..." VIVIANI Le rire bête, l'œil hagard, le nez au vent, Un éteignoir en main, à travers la campagne Il allait, ombrageux et regardant souvent En arrière, comme un forçat qui fuit le bagne.
Il marcha jusqu'au soir, tard, alors qu'arrivant Sur le sommet brumeux d’une haute montagne, Las, il attendit que les astres, se levant,
Fissent cerele autour de la lune leur compagne.
Cependant que le ciel demeurait toujours noir, L'homme, tenant toujours en main son éteignoir, Criait : CÇAh ! ealotin, j'attends que tu t'étoiles ! »
Un berger qui passait d'aventure lui dit :
« Qui cherches-tu ? quel est ton nom ? » Il répondit : « Viviani, qui vient éteindre les étoiles ! » VENTRE AFFAMÉ (1906)
« Qu'il est généreux, ce Mécène,
De publier, gratis, mes vers !
Il m'a bien dit : ——- Soyez sans gêne, Cœur et journal vous sont ouverts...