VIEILLE PENDULE
Quel rêve fais-tu done, pauvre vieille pendule, Dans ton refrain sans air qui cadence le temps ? Caches-tu des secrets dans chacun des instants Que ton être déroule en ce monde incrédule ?
Dans ton âme d'acier quelle pensée ondule ?
As-tu la souvenance ou l'oubli des printemps, Et ton cœur inflexible, aux museles de titans, Conserve-t-il encor des heures qu’on adule ?
MICHEL HELBRONNER __ 19%
Ne te souvient-il plus des longs bonheurs passés, Des jours de ma jeunesse à ton cadran tracés, Et des nuits d’insomnie où l'espérance sombre ?
Non ! rien, rien, dans ce cœur qui martelle les jours Sur l’enclume du temps, où disparaît dans l'ombre L'heure qui reviendra recommencer toujours. 1 #
LE CHANT DE L'ÉRABLE (1906) i
Le soir, au coin du fe"i, quand s'éteint le tison, J'écoute, tout pensif, la bise monotone Soupirant sa complainte aux étoiles d'automne, Que berce, dans la nuit, ce chant d’'effeuillaison.
C'est l’érable qui jette au lointain horizon
Un air de son pays, vers le flot qui moutonne Ou vers le mont perdu qui répète et chantonne A l'infini des cieux l'écho de sa chanson.
Quand l'été reviendra, dans la plaine fleurie, L'érable, tendrement, au ciel de sa patrie Redira son amour et Sa fidélité.
: es , > O peuple canadien, dans ta mâle espérance, Écoute, noble et fier, ce chant de liberté, Et songe que jadis il pleura pour la France.