LA MORT DES ÉTOILES
La mer va s'endormir au bercement du soir.
En sa profondeur glauque un soleil rouge plonge,
Comme un brasier mourant qu'un reflet d'or prolonge A sa surface unie ainsi qu’un grand miroir.
Et nulle étoile encor ne se laisse entrevoir
A l'horizon brumeux où l'ombre qui s’allonge Éfface les lointains que hantait notre songe: Aux gouffres lumineux succède un gouffre noir.
Moins sombre pour notre âme, au sein des nuits sans lune, Est ta mélancolie éparse sur la dune, O morne écoulement d’un otéan sans pli,
Que de voir s'en aller, ainsi que font les roses, Nos rêves, nos espoirs, tous ces mirages roses, A l'incommensurable abîme de l'oubli !