‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 144 sur 255 · LA MORT DES ÉTOILES · texte numérisé non relu

LA MORT DES ÉTOILES

La mer va s'endormir au bercement du soir.

En sa profondeur glauque un soleil rouge plonge,

Comme un brasier mourant qu'un reflet d'or prolonge A sa surface unie ainsi qu’un grand miroir.

Et nulle étoile encor ne se laisse entrevoir

A l'horizon brumeux où l'ombre qui s’allonge Éfface les lointains que hantait notre songe: Aux gouffres lumineux succède un gouffre noir.

Moins sombre pour notre âme, au sein des nuits sans lune, Est ta mélancolie éparse sur la dune, O morne écoulement d’un otéan sans pli,

Que de voir s'en aller, ainsi que font les roses, Nos rêves, nos espoirs, tous ces mirages roses, A l'incommensurable abîme de l'oubli !

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