JOUR D'AUTOMNE
Ce jour a l’air d’un long crépuscule oublié,
Et comme un fin brouillard de nuit grise, s’éploie. Dans les arbres le vent passe en un bruit de soie; Feuille à feuille s'abat l’orgueil du peuplier.
Montant, oblique et noire, à ce grand ciel brouillé, Une lente fumée, au lointain morne, y noie
Le mince rayon d’or que l'heure triste envoie >arfois, terne et transi, d'espace froid mouillé.
Tout paraît assoupi. Le fracas de la roue S'éteint vite, à moitié retenu par la boue; La Lassitude règne: et bientôt le sommeil,
À pas silencieux viendra, vainqueur sans glaive, Rendre au songe léger l’air d’un jour de soleil, Afin que, comme un bel oiseau clair, il s’élève.
(L'Ame solitaire)