‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 167 sur 255 · ÉRABLE ROUGE · texte numérisé non relu

ÉRABLE ROUGE

Dans le vent qui les tord les érables se plaignent, Et j'en sais un, là-bas,dont tous les rameaux saignent.

Il est dans la montagne, auprès d’un chêne vieux, Sur le bord d’un chemin sombre et silencieux.

L'écarlate s’épand et le rubis s'écoule De sa large ramure au bruit frais d’eau qui roule.

Il n’est qu’une blessure, où magnifiquement Le rayon qui pénètre allume un flamboiement :

Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge A trempé dans les feux mourants du soleil rouge !

Sur le feuillage d’or au sol brun s'amassant, Par instants, il échappe une feuille de sang.

Et quand le soir éteint l’éclat de chaque chose, L'ombre qui l'enveloppe en devient toute rose !

La lune bleue et blanche, au lointain émergeant, Dans la nuit vaste et pure verse une eau d'argent.

Et c’est une splendeur elaire que rien n'égale, Sous le soleil penchant ou la nuit automriale !

(Le Miroir des Jours)

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