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SOIRS D'AUTOMNE

Voici que la tulipe et voilà que les roses,

Sous le geste massif des bronzes et des marbres, Dans le Pare où l'Amour folâtre sous les arbres, Chantent dans les longs soirs monotones et roses.

Dans les soirs a chanté la gaîté des parterres

Où danse un clair de lune en des poses obliques,

Et de grands souffles vont, lourds et mélancoliques, Troubler le rêve blanc des oiseaux solitaires.

Voiei que la tulipe et voilà que les roses

Et les lys cristallins, pourprés de crépuscule, Rayonnent tristement au soleil qui recule, Emportant la douleur des bêtes et des choses.

Et mon amour meurtri, comme une chair qui saigne, Repose sa blessure et calme ses névroses.

Et voici que les lys, la tulipe et les roses

Pleurent les souvenirs où mon âme se baigne.

Cp: (Œuvre) L'HOMME AUX CERCUEILS

Maître Christian Loftel n’a d'état que celui De faire des cercueils pour les mortels ses frères, Au fond d’une boutique aux placards funéraires Où depuis quarante ans le jour à peine a lui.

À cause de son air étrange, nul vers lui

Ne vient : il a le froid des urnes cinéraires. Parfois, quelque homme en deuil diseute des parères Et retourne, hanté de ce spectre d’ennui.

O sage, qui toujours gardes tes lèvres closes, Maître Christian Loftel ! tu dois savoir des choses Qui t'ont creusé le front et t'ont joint les sourcils.

Réponds ! quand tu construis les planches péremptoires, Combien d’âmes de morts, au choc de tes outils, Te content longuement leurs posthumes histoires ?

(Œuvre)

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