A CEUX DE MON PAYS
Et si je n'ai pas dit la terre maternelle, = Si je n'ai pas chanté
Les faits d'armes qui sont la couronne éternelle De sa grave beauté,
PAUL MORIN ne e77
Ce n’est pas que mon cœur ait négligé de rendre Hommage à son pays,
Ou que, muet aux voix qu'un autre sait entendre, Il ne l'ait pas compris;
Mais la flûte sonore est plus douce à ma bouche Que le fier olifant,
Et je voulais louer la fleur après la souche, La mère avant l'enfant.
N'ayant pour seul flambeau qu'une trop neuve lampe, Les héros et les dieux
N'étant bien célébrés que l'argent à la tempe Et les larmes aux yeux,
J'attends d’être mûri par la bonne souffrance Pour, un jour, marier Les mots canadiens aux rythmes de la France Et l’érable au laurier.
(Le Paon d'Émail)