PAUL MORIN ___
Je suis celle qui fit s'épanouir le monde
Au seuil du tourbillon planétaire et sans loi; Je suis l’apaissement de la cime et de l'onde, L’initial frisson et le premier émoi...
Je suis le blanc réveil après la nuit de fièvre, Et quand, sur l'horizon matinal, j'ai penché Mon visage de nacre et l’ardeur de ma lèvre,
J'étoile les yeux de Psyché.
Je suis l'Ange, la Fée, et l'Êve inassouvie,
L'astre, le nimbe, et l’auréole, et le rayon:
Je suis le feu, je suis l'amour, je suis la vie,
L'arche d'or où pâlit la constellation...
O Poète, j'étais avant toutes les choses,
Ardente et calme, au sein d’un royaume irréel,
Plus pure que la neige, et la vierge, et les roses... Car je suis le Rêve éternel.