NOUS PRENDRONS, SI TU VEUX
Nous prendrons, si tu veux, le chemin le plus rude, Où l'épine et le roc, l'une à l’autre attachés, Retenant vers le sol nos visages penchés,
Feront à l'escalade un tragique prélude;
Puis l’obseure forêt dont le pin se dénude, Et le marais, sanglant de pavots arrachés, Et l'obstacle visible, et les pièges cachés, Éloigneront encor le but qui nous élude;
Jusqu'à ce que, tremblants, épuisés, éblouis, Une cime, soudain jailliss, nt de la nue, Comble enfin nos désirs jamais évanouis,
Et que s'ouvre pour nous la splendide avenue Menant des jours d'angoisse et des nuits de remords Au pays radieux de nos frères les morts.