‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 240 sur 255 · PAYSAGE BLANC · texte numérisé non relu

PAYSAGE BLANC

Les sillons dorment sous la neige.

La bourrasque siffle en sacrant.

Le grand vent du Nord désagrège Les banes de neige dans le «rang ».

A l'horizon des routes blanches

Se tassent les sapins frileux,

Et l’on n'entend plus sur les branches Les engueulades des « siffleux ».

Les toits dans la campagne morte Veillent. Le froid cerne la porte.

Et la Grande Ourse, au firmament,

Là-haut, à cent mille lieues, Se gèle le bout de la queue Sans grogner... éternellement !

(Figurines)

LE PAUVRE MOINEAU Allégorie du poète

C'était un pauvre et sale oiseau,

Aux maigres ailes dénudées,

Qui barbotait dans le ruisseau, :

Ne pouvant atteindre aux nuées.

Son tapis était le pavé.

Il logeait au bord des gouttières,.

Ce n'était pas un gros gavé :

Son nid n'avait point de portières.

Il ne savait qu'une chanson, Qui lui causait bien des critiques De la part de Monsieur Pinson, Qui riait de ses airs rustiques.

Ce n'était pas un orgueilieux,

Il ne suivait jamais la mode :

Toujours rester sale et pouilleux

Ça n’est pas chic, mais c’est commode.

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