‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 76 sur 255 · LES CLOCHES DE LA BASILIQUE · texte numérisé non relu

LES CLOCHES DE LA BASILIQUE

J'écoutais dans la paix du soir, Sous la pâleur du ciel mystique, Les sons pieux que laissaient ce! oir Les eloches de la basilique.

Et j'évoquais au loin leur voix, A la fois grave et triomphale, Quand elles sonnaient autrefois Les angélus de cathédrale,

Au temps heureux. trois fois béni, Où, dès l'aube, souvent ma mère Me retrouvait au pied du iit, Agenouillé sous leur prière.

Combien leur appel familier Charmait alors mon âme éprise, Lorsque j'allais, jeune écolier, M'asseoir à l'ombre de l’église,

Et que, captif de leur doux son, J'attendais que leur voix se taise, Pour suivre au loin, à l'horizon, L'écho de leur chanson française !

C'est qu’en ce temps déjà lointain, Cloches témoins de tant de choses, Vous me parliez, soir et matin, D'un long passé d’apothéoses,

Et du regret que vous aviez

D'un temps de gloire et de conquêtes, Quand, de par le Roy, vous sonniez Vos carillons des jours de fêtes,

Et que gaiement, sur le rocher,

Au printemps des jours d'espérance, Vous annonciez du vieux clocher, Le retour des vaisseaux de France.

(Cité par le Terroir de Québec, janvier 1920)

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Ephrem Chouinard

(1854- | BIBLIOGRAPHIE Un incident au palais de justice de Québee, poème badin (Québec, Dussault € Proutr, 1907); — Petite histoire

des grands rois d'Angleterre, poème h Umoristique (Québec, Laflamme

€ Proutr, 1910).

M. Ephrem Chouinard à collaboré à la Justice, à l'E l'Union libérale, à lu Semaine Commerciale, à la G: au Soleil, cte,

lecteur, à wette de Québec,

M, Éphrem Chouinard est né Le 5 aril 1854, à Lévis. En 1865, après des études com merciales et trois années de latin au collège classique de l'endroit, il entra chez Abraham H amel & Frères, marchands en gros. À Québec. Tour à tour comptable, directeur des achats à l'étranger (fonctions qui lui permirent de faire plusieurs royages en Europe), puis directeur général , Ü resta tre nle-cinq ans à L'em ploi de cette maison, qu'il quittait en 190% pour entrer dans l'administratior. brorinciale du Québec en qualité de sous-directeur de com plabilité,

À compter de 15; 7, M, Chouinerd publia dans les journaux, sur des sujets politiques et autres, un grand nombre d'articles, qui furent très remarqués. Il a aussi donné. de temps en lemps, des pièces rimées dont plusieurs ont eu du succès.

(J'aurais peut-être PU vous dire encore, sans mentir — nous écrivait dernièrement M. Chouinard, — que, dans mon jeune âge, j'ai toujours élé très studieux et n'ai guère em ployé mes loisirs qu'à tâcher de lier Connaissance avec Les classiques français et surtout anglais; mais à quoi bon? Mon bagage littéraire est Si pauvre que ce serail, ma foi, rabaisser mes moyens que d'en faire le l'approchement avec le résultat de mes efforts. » M. Chouinard est {rop modeste : son bagage littéraire es! mince peut-être de volume, mais à Coup sûr il n'est pus si pauvre que notre auteur semble se l'imaginer. On en Jugera par la Charmante

antaisie que nous Jroduisons ci-a )r'ès.

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