‹ Anthologie des poètes canadiens [microforme]Chapitre 80 sur 255 · JEAN-BAPTISTE CAOUETTE · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE CAOUETTE

Le temps sur elle a fait œuvre gentille En polissant sa boîte au teint marron,

Et le cadran plus que jamais seintille, Sans laisser voir de rides sur son front.

Son timbre d'or, que chaque heure fait vivre, Module encore un son pur et puissant,

Et le tic tac du balancier de cuivre

Bat la mesure avee un art charmant.

Comme une reine, elle trône et domine.

Coquette un peu, mais digne et de bon ton, Elle a souci de sa nobie origine,

Car elle vient du vieux pays breton.

A mon foyer, son intime présence Charme à la fois et notre âme et nos veux:

Dans sa voix vibro un accent de la France, Et notre cœur en tressaille, joyeux.

Dans la famille, elle est un héritage

Que l'on reçoit toujours avec bonheur,

Tel un symbole, auquel on rend hommasge, De jours lointains discret évocateur.

Oh ! que de fois elle a vibré, l'horloge, Depuis le temps qu’elle orne mon logis !... Quand du regard, pensif, je l’interroge, Je crois ouiïr ces mots que je traduis :

Avec bonheur j'ai chanté la naissance

De chaque enfant que le ciel vous donna,

Et j'ai sonné le glas de la souffrance Lorsque la mort dans vos rangs moissonna...

Tous les matins, à l'heure convenable, Je vous appelle au labeur âpre ou doux.

Trois fois le jour, je vous rassemble à table Pour savourer le bon pain de chez nous.

Et chaque soir, sous la lampe qui brille,

Je vous convoque aux pieds du Roi des cieux, Pour le prier de hénir la famille

Et d'exaucer sa demande et ses vœux.

ANTHOLOGIE DES POÈTES CANADIENS œ ——— "2 EUETES CANADIE!

(Puis le dimanche, avec l'airain qui chante, (J'aime à remplir mon rôle de sonneur:

«Je vous redis la parole touchante :

(Allez au temple adorer le Seigneur !

(Je suis la voix qui soupire ou qui pleure

CEn harmonie avec vos sentiments.

(C'est moi, la nuit, qui veille en la demeure :

« Dormez en paix; oubliez les tourments... »

O vieille horloge, aimable conseillère,

Dont le langage est fait pour nous ravir,

Et qui nous montre, en ce lieu de misère,

L'art de bien vivre et l'art de bien mourir !

Merci ! merci !. Vénérable relique,

Je veux te voir jusqu'à mon dernier jour !

à Et d'ici là, que ta voix angélique ! Chante la foi, l'espérance et l'amour !

Prendergast, James (1858-

À publié, en 1881, dans les Nouvelles Soirées Canadiennes, un long

poème intitulé Soir d'automne, dans lequel, à l'eremple de M ussel, il fait discourir le Poète et la M use,

: James-Émile-Pierre 1 ’rendergast naquit en 1858, à Québec. Étudia 1 au Petit Séminaire puis à la Faculté de Dreit de Québec. Reçu avocat 1 en 1881, àl allait peu après s'établir dans le Manitoba, alors récemment ouvert à la colonisation. Il représenta tour à tour à l'A ssemblée légis- : lative de cette province La Vérendrye (1885-88), Woodlands ( 1889) et Saint-Boniface (1892-96). Secrétaire de la province en 1889, dans le cabinet Greenway. Juge au Banc du Roi où Cour d’A ppel du Manitoba depuis 1910. après avoir élé juge de comté à Winnipeg de 1897 à 1902 et juge à la Cour Suprême des Territoires du Nord-Ouest

en 1902.

D'éducation française, M Prendergast arriva sur la scène politique Mmanilobaine au moment où le français subissait de ce côté les premiers assauts de politiciens ignorants et brutaur comme tl'en pullule dans les nouvelles sociétés anglo-saronnes. Quand il fut élevé à la magistrature 1897, il était profondément dégoûté de ses Co-partisans, notamment du nommé Greenway. Lui qui avait pratiqué le droit, comme la politi-

PRENDERGAST, JAMES |

s dire sans vocation, il remplit ses foncet une compétence auxquelles tous IL consacre ses loisirs aux lettres.

spérances qu'il donna aux lettres

que. sans passion, pour ne pa tions judiciaires arec une probité s'accordent à rendre hommage.

N'ous le citons ici à cause des grandes € canadiennes dans sa jeunesse.

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