‹ Anthologie des poètes de MontmartreChapitre 2 sur 160 · PETITES OUVRIERES · texte numérisé non relu

PETITES OUVRIERES

Midi : voici sonner l'heure des ouvrières : Le soleil cuit l'aspbalte mou sur les trottoirs : C'est l'heure où, sur l'étain vulgaiie des comptoirs, Luisent les verres pleins d'absinthes meurtrières.

Midi : u Plumes et Fleurs » et « Robes et Manteaux » C'est un long défilé de filles maigrelettes, Sortant des ateliers pour faire leurs emplettes : De la charcuterie et de banals gâteaux.

D'autres, par deux ou trois, vont dans les crémeries :! Et, toutes, se penchant pour lire le menu, Choisissent, avec un frais sourire ingénu, Dans la liste des mets, les plats à sucreries.

Ce mince déjeuner ne leur coûte pas cher : Quinze ou vingt sous; et puis, deux sous de violettes Et les mignonnes au travail rentrent seulettes. Les fleurs se parfumant du parfum de leur chair.

Le rouge de leur joue est de mauvais augure ; Un mal futur se ht dans leur regard trop clair; Leur rire sonne faux et tristement, dans l'air, Malgré que leur jeunesse anime leur figure.

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