‹ Anthologie des poètes du Divan. Avec une introductionChapitre 2 sur 86 · CHARLES IX · texte numérisé non relu

CHARLES IX

Nous aurons moins chéri les clairs jours de victoire,

Les victoires des plus illustres de nos rois,

Que la nuit où tu fis, ô prince expiatoire,

Gémir sous son bourdon Saint- Germain-l' Aux errois.

L'histoire aura bien pu flétrir sous Tanathèine Les lys, les fleurs de lys de ton manteau royal... Ils t'offriront toujours leurs rouges chrysanthèmes Ceux que tu délivras des gens de l'Amiral.

Ils savent que sans toi, doux enfant sanguinaire, On n'aurait jamais vu de cygnes à Cambrai Et les Nymphes de Vaux, Mancini ou Néère, Auraient voilé de voiles noirs leurs corps ambrés.

Qui donc aurait connu ces belles libertines ?... Le Grand Siècle eût été blafard et ténébreux, Et j'aurais préféré aux chants purs de Racine Les hurlements hagards des prophètes hideux.

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