ALACIEL
(Fragment.)
Heureux celui qui sent les spectres des années S'assembler en silence, autour de lui, le soir. Quand, par les souvenirs, les âmes entraînées, En parlant du passé ressuscitent l'espoir I Il conçoit la grandeur de la vie et du songe. Et le cortège ému de la suite des jours. En échos et reflets évocateurs prolonge La lumière et les voix des premières amours ! ...C'est vous, ô rossignols dans les nuits phébéennes ; Vous, désirs plus changeants que les vapeurs de l'air ; Toi, Lampe, sous les vols d'esprits et de phalènes, Vous, livres médités près d'Elle et de la mer I
— Revenez I Revenez, beaux instants de ma vie 1 Tous également chers, mais, cependant, ce soir. Laissez l'ombre d'une heure à peine évanouie, Toute ardente et peureuse, auprès de moi, s'asseoir 1
— Voyez, comme elle semble, à souffrir, obstinée 1 Quelle mansuétude adorable ont ses mains 1
Des fleurs de vos jardins, sa tête est couronnée. Et sa bouche est humide, encor de mots humains 1 Laissez-moi lui donner l'instant qu'elle réclame I Spectres, comprenez-moi 1 Ne soyez-pas jaloux... Cette ombre, hier, hélas 1 la force de mon âme. Vient garder, aujourd'hui, mon secret, parmi vous I (Inédit.)