‹ Anthologie des poètes du Divan. Avec une introductionChapitre 54 sur 86 · VENDREDI SAINT · texte numérisé non relu

VENDREDI SAINT

A Adolphe Retté.

Mon ventre a faim de nourriture Mon cœur est bas, mon esprit dort Mon corps a faim de pourriture Et c'est pour moi que Dieu est mort I

Mon Dieu est mort pour que je vie Il me l'a dit et je le crois Mais le plus souvent je l'oublie Tout en y pensant quelquefois.

L'avenir me semble stupide Triste décor, triste destin Tout mon passé me paraît vide Et je mourrai demain matin I

Vanité, paresse, avarice

De la douleur pour réconfort

Pour me distraire un peu de vice

Et c'est pour moi que Dieu est mort I

L'amour est là, plein de promesse Ramenant le cœur défaillant Sa présence à la sainte messe Me fait rougir en bégayant

Bégayant de béatitude

Tout en me disant que j'ai tort

Heureux, honteux de certitude

Et c'est pour moi que Dieu est mort 1

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