‹ Anthologie des poètes du Divan. Avec une introductionChapitre 80 sur 86 · HÉLÈNE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE

Azur I C'est moi... Je viens des grottes de la mort Entendre Tonde se rompre aux degrés sonores, Et je revois les galères dans les aurores Ressusciter de l'ombre au fil de rames d'or.

Mes solitaires mains appellent les monarques Dont la barbe de sel amusait mes doigts purs ; Je pleurais. Ils chantaient leurs triomphes obscurs Et les golfes enfuis aux poupes de leurs barques.

J'entends les conques profondes et les clairons

Militaires rythmer le vol des avirons ;

Le chant clair des rameurs enchaîner le tumulte,

Et les dieux, à la proue héroïque exaltés Dans leur sourire antique et que l'écume insulte Tendent vers moi leurs bras indulgents et sculptés. (Vers anciens.)

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