‹ Anthologie des poètes du DivanChapitre 32 sur 85 · FRANCIS ÉON · texte numérisé non relu

FRANCIS ÉON

Né à Fontenay-le-Comte le 17 juillet 1879.

Collaboration poétique au Divan : n° 1, janvier 1909 — n» 4, juillet 1909 ; — n" 9, mars 1910 ; — n° 16, décembre 1910 ; — n° 19, mars 1911 ; — n" 26, décembre 1911 ; — n» 29, mars 1912 ; — n» 30, avril 1912 ; — n» 35, janvier 1913 ; —

no 58. avril 1913 ; — n» 41, juillet 1913 ; — n» 68, novembre 1920 ; — n" 72, juillet 1921 ; — n° 76, février 1922 ; — no 79, mai 1922.

Bibliographie : La Promeneuse. « Le Beffroi », Lille, 1905. — Trois Années. « Le Divan », 1909. — La Vie Continue. « Le Divan », 1919.

A consulter : Henri Martineau : Francis Éon. « Le Divan », 1909. — Francis Carcn, Les Guêpes, juillet 1909. ■ — Maurice Gauchez, Revue de Belgique, septembre 1909. — Pierre Quillard, Mercure de Frcuice, 1" avril 1910. — Orion, L'Action Française, 19 janvier 1920. — Marius André, La Minerve Française, 1" février 1920. — André Fontainas, Mercure de France, 1" mars 1920.

POÈMES

Ils m'ont dit : « Admirez ce paysage unique. Voyez. Est-il ailleurs un horizon plus beau ? » — Je regarde une longue ligne de coteaux Que rompent de pesants rochers couleur de brique. Je regarde au frisson menu d'un fleuve étroit Trembler l'image en gris d'une éghse romane ; Mais nul trouble de joie ou de peine n'émane De ce pays à mes yeux vide, à ma chair froid. Aucune émotion déjà ne t'a sacrée, Nature qu'on prétend magnifique. Je viens En étranger jaloux de mes rythmes anciens ; Et ton air indulgent, ta lumière dorée Peut-être existeront pour moi, si je les crée, Et si tes différents visages sont les miens I Mais aujourd'hui je ne sais rien de toi. J'ignore Le sens du mouvement qui t'anime en secret ; Et tout mon inutile effort s'épuiserait. Malgré le glorieux soleil dont tu t'honores, Malgré le vent levé dans tes hauts pins sonores, A chercher ta pensée éparse et sans attrait. En vain le soir ouvert comme un vaste calice S'exprime en lents parfums faciles à saisir. Clair pays, tu n'es pas encore mon complice : Nulle femme avec moi n'a suivi cette eau lisse. Ce ciel n'a pas connu l'aveu de mon désir.

C'est mon infirmité douloureuse, et chérie. Je demeure insensible à votre llatterie, Spectacle harmonieux, musical horizon Qu'épouse la lumière et qu'éveille le son, Parce cju'en cet éclat soudain qui vous révèle Vous étonnez mes yeux d'une image nouvelle. Rien ne m'appelle à vous, rien ne relie encor Ma mémoire muette à votre grand décor, Et je ne peux vraiment décider si je l'aime, Puisque je ne sais pas m'y surprendre moi-même. Mais sans doute oserai-je en vous m'interroger, Si demain je reviens ici moins étranger ; Si mes yeux avertis vous possèdent, peut-être Aurai-je le charmant émoi de reconnaître Votre âme plus semblable à la mienne, surtout Si, son frais collier bleu ruisselant à son cou, Pour une joie enfin certaine et préparée, Plie à mon bras l'absente aujourd'hui désirée.

ALBERT ERLANDE

Né à Marseille le 30 août 1878.

Collaboration poétique au Divan : n" 2, mars 1909 ; — n» 5, septembre 1909 ; — n° 9, mars 1910 ; — n» 24, septembre 1911 ; — n» G6, juillet 1920 ; — n° 88, avril 1923.

Bibliographie. — Poèmes : Euphorion. Raybaud

Marseille, 1896. — Le Chant d'amour. Raybaud, 1898.

— Odes et Poèmes. « Mercure de France », 1899. — Le Cœur errant. « Mercure de France », 1900. • — Hélène. « Mercure de France », 1902. — Fehl Yasmin, avec Gilbert de Voisins. Floury, 1905. — Les Hommages divins. Sansot, 1906. ■ — Le Titan. « Mercure de France », 1911. ■ — La Tragédie des Empires. a Le Monde Nouveau », 1920. • — Niobé. Garnier, 1921. • — Le Poème royal. Librairie de France, 1922.

— Prose : La Tendresse. Ollendorff, 1902. — Jolie Personne. « Mercure de France », 1905. —Le Paradis

des Vierges sages. « Mercure de France », 1906. — Le défaut de l'armure. Sansot, 1909. — L'Enfant de Bohème. « Le Feu », Aix-en-Provence, 1910. — // Giorgione. Grasset, 1911. — En campagne avec la légion étrangère. Payot, 1917. — Vivre et mourir là. Plon-Nourrit, 1920. — Stella Lucente. Albin Michel,

1921. • — La Vipère dorée. « Œuvres libres », n° 10,

1922. ■ — L'Immortelle bien-aimée. Albin JNIichel,

A consulter : E. Sicard : Films. Edit. du « Feu » , 1912. — F. de Mioiuandre : Fiç/ures d'hier et d'aujourd'liui. Dorbon. — E. Jaloux, Le Fru, mars 1907.

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