‹ Anthologie des poètes français du XIXème siècleChapitre 38 sur 131 · LE CBET{CE<AU · texte numérisé non relu

LE CBET{CE<AU

Quel temple pour son fils elle a rêvé neuf mois ! Comme elle fêtera l'enfant dont Dieu dispose! Il lui faut un berceau tel que les fils de rois N'en ont point de pareils, si beaux qu'on les suppose!

Fi de l'osier flexible, ou bien du simple bois ! L'artiste a dessiné la forme qu'elle impose : Elle y veut incruster la nacre au bois de rose; Il serait d'or massif, s'il était à son choix!

Rien ne semble trop cher, dentelle ni guipure, Pour encadrer de blanc cette tête si pure, Dans le lit qu'on apprête à son calme sommeil.

Il est venu, le fils dont elle était si fière;

U est fait, le berceau, — le berceau sans réveil! —

Il est de chêne, hélas! et ce n'est qu'une bière.

(Pages intimes)

I76 ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

CHcAC^QSO^C VF. éMO\T

Mon père, où donc vas-tu? — Je vais Demander une arme et me battre.

— Non, père! autrefois tu servais :

A notre tour les temps mauvais!

Nous sommes trois. — Nous serons quatre!

— Le jeune est mort : voici sa croix. Retourne au logis, pauvre père!

La nuit vient, les matins sont froids.

Nous le vengerons, je l'espère!

Nous sommes deux. — Nous serons trois!

— Père, le sort nous est funeste, Et ces combats sont hasardeux :

Un autre est mort. Mais, je l'atteste, Tous seront vengés, car je reste !

Il suffit d'un. — Nous serons deux!

Mes trois fils sont là, sous la terre, Sans avoir eu même un linceul.

A toi ce sacrifice austère, Patrie ! Et moi, vieux volontaire, Pour les venger je serai seul !

(Pendant la guerre)

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