THEOPHILE GAUTIER
Mes colonnes sont alignées Au portique du fcuilU-ton.
Elles supportent, résignées, Du journal le pesant fronton.
Jusqu'à lundi je suis mon maître...
« Je boirai, ajoute le poète, le vin de mon cru, le Tin de ma propre pensée. » Mais l'oeuvre de journaliste de Théophile Gautier est pleine, quels que soient les hasards de la semaine dramatique, de a sa propre pensée ». Il est infiniment regrettable que ces feuilletons de Théophile Gautier, d'un fonds si riche et d'une forme éblouissante, n'aient été recueillis en volumes que jusqu'à 1852, et que partiellement. Ils formeraient, pendant trente-cinq ans, la plus séduisante et en môme temps, par la solidité des jugements et l'éclat du style, la plus exacte histoire du théâtre. Ces feuilletons de l'admirable magicien es lettres françaises, selon le mot de Baudelaire, ont gardé tout ce qu'ils avaient de vie. Ils devaient être un enchantement pour les lecteurs contemporains. On s'aperçoit, quand on les consulte aujourd'hui, comme une mine précieuse, de ce qu'ils ont de moelle. Presque dans l-iu» les cas, l'avenir devait corroborer les opinions émises uu lendemain de la représentation d'un ouvrage.
Le dernier article de critique dramatique de Théophile Gautier parut dans la Gazette de Paris. Il était consacré ù la reprise de Buy Dlas à l'Odéon (28 février 1872). Le premier, avant les feuilletons de la Presse, avait été donné au Monde dr miatique le 23 mars 1835. Après une collaboration do lix-neuf ans ù la Presse, Théophile Gautier passa, en a\ l 1855, au Moniteur universel. En 1860, il continuait se* leuilletons dans le Journal officiel.