XXVIII. — Sur une lettre reçue
Qui eût pensé que Ton pût concevoir Tant de plaisir pour lett res recevoir ? Qui eût cuîcfêfîe désir d'un cœur franc Etre caché dessous un papier blanc ?
Et comment peut un œil au cœur élire Tant de confort par une lettre lire ?... Bien heureuse est la main qui la ploya Et qui vers moy de grâce l'envoya !
Bien heureux est qui apporter la sut, Et plus heureux celuy qui la reçut !
Tant plus avant cette lettre lisffyê' En aise grand, tant plus me déduisoye fz* Car mes ennuis sur-le-champ me laissèrent Et mes plaisirs d'augmenter ne cessèrent, Tant que j'eus lu un mot qui ordonnoit Que cette lettre ardre me convenoit...
Aucunesfoys au feu je la béûtoye Pour la brûler, puis soudain l'en ôtoye, Puis l'y remis, et puis l'en reculay.
Mais à la fin à regret la brûlay En disant : Lettre (après l'avoir baisée), Puis qu'il luy plaît, tu seras embrasée ;
Car j'aime mieux deuil en obéissant,
Que tout plaisir en désobéissant.
^Voilà comment poudre et cendre devint ^L'aise plus grand >m'à moy oncques avint.
{Élégies, XVI.)