DE LA CONTEMPLATION
Dans la contemplation, il y a sept degrés : le feu] l'onction, l'extase, la contemplation proprement dite( le goût, le repos, la gloire.
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Le feu est une certaine, lumière que Dieu envoie pour illuminer l'âme.
Vient ensuite l'onction des onguents, qui produit, un parfum délicieux, succédant à cette lumière. C'est de ce parfum que parle le Cantique des cantiques (I, 3) : Tes onguents sont précieux pour leur parfum'.
En troisième lieu se produit l'extase ; une fois, eneffet, le parfum respiré, l'âme est ravie et se trouve délivrée de la servitude corporelle des sens.
Elle est alors admise à la contieinplation proprement dite ; c'est-à-dire qu'une fois ainsi libérée de la servitude corporelle des sens, elle peut contempler Dieu merveilleusement.
De là résulte le goût, car, dans la contemplation proprement dite, l'âme sent une douceur prodigieuse, dont le Psalmiste a dit (Ps. XXXIII, 9) : Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon 1
Puis suit le repos, car une fois que le palais spirituel a goûté cette douceur, l'âme y trouve son repos.
Vient enfin la gloire, Vêjçae admise à un si grand repos arrivant à la glorification et au réconfort d'une joie indicible, qui a fait dire au Psalmiste (Ps. XVI, i5) : Je serai rassasie quand ta gloire paraîtra.
Nul ne peut s'élever jusqu'à la contemplation de la divine niajesté dans sa gloire, si ce n'est par la ferveur de l'esprit et par l'oraison fréquente. Par la ferveur de l'esprit l'homme s'embrase, et il. s'élève
l4 ANTHOLOGIE FRANCISCAINE
jusçfu'à la contemplation quand son coeur et tout le rciste de son être y tendent si parfaitement qu'il ne yeiit plus et ne^peut. plus penser à autre chose qu'au bien qu'il possède et dont il jouit.
La vie contemplative consiste à' abandonner toutes les choses de la terre par amour de Dieu, à ne chercher que les choses du> ciel, à prier assidûment, à se recueillir souvent, à louer Dieu sans cesse en hymnes et cantiques.
La contemplation consiste à être détaché de tout et à être uni à Dieu seul.
Celui-là est bon contemplateur qui, s'il avait les mains et les pieds coupés, les yeux, le nez, les oreilles et la langue arrachés, goûterait cependant de si suaves, ineffables et inestimables odeurs, joies et douceurs,^ qu'il ne se préoccuperait point d'avoir d'autres membres ni rien de ce qui peut se trouver sous le ciel, qu'il n'en aurait pas même le désir, le peu dont il aurait encore la possession et la jouissance j lui suffisant pleinement. C'est ainsi que Marie, sœurj de Marthe, assise aux pieds du Seigneur, goûtait à|