UNE LEÇON DE COURTOISIE
Cependant, Monsieur, quelque satisfaction que j'aie eue à voir dans ce laborieux ouvrage combien vous êtes digne et de cet éloge et du rang que vous tenez parmi les plus doctes de notre siècle, je ne vous cèlerai point que j'ai lu avec regret et avec douleur tant de choses qui ont blessé et déchiré une des plus belles amitiés qui fut jamais et qui méritait d'être éternelle. Je n'entre point dans la question qui causa votre dispute, parce qu'elle n'est pas de ma partie ; mais j'oserai bien dire qu'elle ne devait pas aller si loin, et qu'il eût suffi, d'un côté, de vous avertir en particulier de l'omission que vous aviez faite en copiant, et, de l'autre, que vous eussiez suppléé de bonne foi ce qui avait été omis. Au lieu de cela, les choses se sont divulguées, les esprits se sont aigris, les picoteries ont attiré des reproches, et les reproches des injures; et tout cela a fait brèche à deux cœurs les mieux unis du monde et affligé les amis communs. Je voudrais que vous vo^s fussiez souvenu, dès l'entrée de votre lettre, de la période qui la termine ; vos railleries eussent été