PSAUME XLII
Gomme un cerf altéré brame.
Cherchant le courant des eaux, Ainsi soupire mon âme.
Seigneur, après tes ruisseaux.
Elle a soif du Dieu vivant, Et s'écrie en le suivant :
Mon Dieu, mon Dieu, quand sera-ce Que mes yeux verront ta face ?
Mes larmes Sont mon breuvage Et nuit et jour en tout lieu, Quand on me tient ce langage :
(^)u'est donc devenu ton Dieu ?
O trop heureuse saison.
Quand j'allais en ta maison, Chantant avec les fidèles Tes louanges immortelles.
Mais quel chagrin te dévore?
Mon âme, rassure-toi, Espère en Dieu, car encore Il sera loué de moi, Quand d'un regard seulement 11 finira mon tourment ; Mon Dieu, je sens que mon âme D'un ardent désir se pâme.
Je pense à toi depuis l'heure Que j'étais vers le Jourdain, Et vers la froide demeure D'Hermon où j'errais en vain; Et dans tous ces autres lieux, Exilé loin de tes yeux ; Partout mes maux me poursuivent, Gomme des flots qui se suivent.
Les torrents de ta colère Sur moi cent fois ont passé ; Mais par ta grâce j'espère Qu'enfin l'orage est cessé.
Tu me conduiras le jour, Et moi la nuit à mon tour Je saurai chanter la gloire De l'auteur de ma victoire.
Dieu, dirais-je, en ma souffrance, D'un esprit humble et soumis, Tu peux tout, et ta puissance M'expose à mes ennemis ; Je sens leurs méchants propos Qui me percent jusqu'aux os,
Quand ils disent à toute heure :
Où fait ton Dieu sa demeure ?
Mais pourquoi, mon âme, encore
T'abattre avec tant d'effroi?
Espère au Dieu que j'adore,
Il sera loué de moi ;
Un regard dans sa faveur
Me dit qu'il est mon Sauveur ;
Et c'est aussi lui, mon ame.
Qu'en tous mes maux je réclame.
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RAYMOND GACHES
Raymond Gâches est né à Castres, en 1616, et mort à Paris, en décembre 1668. Après avoir exercé le ministère évangélique dans sa ville natale, il fut appelé par le consistoire de Paris en 46o4 et prêcha à Gharenton jusqu'à sa mort. Vinet signale chez lui Tinfluencc du Père Senault, de l'Oratoire, alors très en vogue : « Il n'est ni dialecticien exercé ni théologien profond...; mais il a une belle et riante imagination, qui sait tirer parti de la poésie du christianisme, tout à fait négligée par ses contemporains. » (Histoire de la Prédication parmi les Réformés de France au dixseptième siècle, p. 286.) 11 a publié un certain nombre de prédications dont plusieurs ont été réunies par lui-même en un volume : Quinze sermons sur divers textes de VÉcriture sainte (1660).
cf.