CEUX QUI NE PROFIÏENÏ POINT DE L'ÉVANGILE
Nous voyons deux manières de gens qui ne profitéiit point en l'ÉVangife, les uùs serotit deâ gaudis-
1. Scrrhoii sur Z)itett'pârc;bnWe". Cite pai'Ô. Viguet, Ccdvtn dC après Calvin (1854), p. 312, et ôxtfait de 44 sériholis sUTle'HVrë des Attës qui ont été prêches en 1549 et 1550 et qui sont encore inédits.
seurs, de ces moqueurs et contempteurs de Dieu, ennemis de lui et de sa parole, qui sont maintenant à gaudir et rire en leurs maisons, et le diable les a tellement aveuglés que quand on leur parle de Jésus- Christ on leur parle de noise. Ils aiment mieux un déjeuner que le témoignage de leur salut. Cependant qu'on annoncera la parole de Dieu, ils seront à s'en moquer et gaudir, ou bien ils feront un complot par ensemble, comment ils se pourront déborder en dépit de Dieu et de sa parole : il n'y aura nulle crainte de Dieu ni de sa justice : ils feront un ordinaire de se débaucher en sorte qu'il n'y aura tantôt plus d'ordre ni de police, et ne tiendront compte de rien qui soit, et pour bien connaître lesdits méchants il ne les faut jà marquer, ils se marquent assez d'eux-mêmes. 11 n'y a si petit qui ait quelque connaissance de Dieu qui ne les puisse connaître, car ils sont du tout différents aux vrais enfants de Dieu et fuiront les assemblées qui se font au nom de Jésus-Christ, comme le diable le nom d'icelui. Les autres sont ceux qui s'aveuglissent en une folle opinion qu'ils auront toute résolue en leur cerveau, que quand on leur montrera où gît leur salut et en quoi ils ont la rémission de leurs péchés, à savoir en la seule mort et passion de notre Seigneur Jésus-Christ sans aucunes œuvres qui puissent faire, ce sera alors à dire: 0 que deviendront donc nos œuvres ? J'ai tant jeûné, fait des aumônes, dispersé de mon bien pour l'honneur de Dieu, fondé de chapelles, fait dire tant de messes, tant d'autres bonnes œuvres que j'ai fait à la bonne intention, fautil que tout cela soit perdu? Voilà comme ces malheureux se voudront sauver d'eux-mêmes et rejetteront à pur et à plein la grâce de Dieu qui leur est ofTerte par Jésus-Christ. Et c'est aussi pourquoi nous avons be-
soin en premier lieu qu'on nous montre que toutes les meilleures œuvres que nous puissions avoir ne sont qu'ordures devant Dieu, et qu'il faut que nous cherchions notre justice ailleurs qu'en nous-mêmes et notre salut autrement qu'en nos œuvres, car quand nous aurons bien regardé en tout ce qui est de nous, nous n'y trouverons rien qu'il ne soit imparfait et digne de mort éternelle. Or si nous voulons parvenir à cette connaissance, il faut que nous confessions nos péchés, nous déplaisant en iceux, afin que Dieu nous les pardonne au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, lequel a souffert pour nous, non point pour le regard qu'il ait eu aux mérites qui étaient en nous, et que nous en fussions dignes, mais de sa pure bonté gratuite, et pour nous racheter de la mort en laquelle nous étions déjà tous abîmés.