‹ Anthropologie bolivienneChapitre 152 sur 199 · OBSERVATIONS GENERALES SUR LES PHOTOGRAPHIES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GENERALES SUR LES PHOTOGRAPHIES

les clichés verre peuvent se casser en route, et il n'est pas rare non plus que les bagages auxquels on tient le plus s'égarent dans les nombreuses manutentions et transbordements auxquels ils sont soumis. Si les clichés n'ont pas été développés sur place et qu'ils viennent à se briser pendant le voyage de retour, si toutes les épreuves sur papier sont enfermées dans la même caisse et que celle-ci vienne à s'égarer, tous les documents sont perdus et le résultat de la Mission compromis. Je ne saurais donc trop recommander aux voyageurs scientifiques de suivre le conseil indiqué ci-dessus, à savoir, de développer les clichés, d'en tirer au moins deux exemplaires sur papier et d'expédier le tout par des voies différentes.

J'ai choisi dans la collection de M. Guillaume une centaine de sujets : 64 Âymaras, 32 Quéchuas et 8 Métis dont j'ai groupé les portraits dans les planches 10 à 25, que j'ai fait tirer à part sur papier couché. Bien que ces photographies ne soient pas toujours aussi bonnes qu'on aurait pu le souhaiter, elles sont cependant très précieuses en ce sens qu'elles sont métriques et, par suite, rigoureusement comparables entre elles.

J'ai profité également du beau cliché du Quechua n° 135 fait à Paris dans d'excellentes conditions. Ce Quechua, qui se nomme Pedro Sandibal, est <àgé de 3 9 ans environ; il est veut et n'a jamais eu d'enfant. Il exerçait paisiblement à Cochabamba, sa ville natale, la profession de cordonnier, lorsqu'il vint à Oruro et entra en qualité de domestique chez M. Edouard Wolff, agent consulaire de France. Au service de notre compatriote, il se distingua par sa sobriété, sa bonté, son dévouement et son intelligence. Si bien que, lorsque M. Wolff, après vingtcinq ans de résidence en Bolivie, se décida a prendre sa retraite et à revenir habiter la France, à Saint -Nazaire, il amena avec lui le fidèle Pedro, qu'il considère comme faisant partie de sa famille. Sur mon désir, M. Wolff a conduit Pedro à Paris, où j'ai eu tout le loisir de l'étudier ei de l'interroger. J'ai constaté, moi aussi, la maturité de son esprit, son aptitude au travail

HKDUCTION 1/2 COMPTEE SUR LE PLAN DE COMPARAISON PASSANT l'Ai. L'ANGLE

Fi". ii6. — Pedro Sandibal de Cochabamba. Quechua (n" 135). — Vue du profil droit.

EXTERNE 1)1". L'OEIL DHOIT. DISTANCE \ L'OIUECTIK : 2 MKTRES.

Photographie anthropométrique.

Fi^. 1 4 7 - — Le même, vue de face.

APPLICATION l)L LA PIIOTOO P. APII IL METRIQUE.

intellectuel, car il parle non seulement le quechua, niais aussi l'espagnol et le français. 11 a répondu avec beaucoup d'à-propos et de clarté à mes interrogations. Avec nue bonne grâce pleine d'abandon, il s'est laissé mesurer el photographier sur toutes les coutures, du moment que tel était le désir de l'ami de son cher maître.

Fig. i/|8. — Photographie au 1/7" obtenue directement et qui a servi pour faire l'épreuve en demi-grandeur de la page précédente par agrandissement de 3 diamètres 1/2.

Pedro est un spécimen accompli de toutes les qualités que présentent ces fortes races indigènes lorsqu'elles savent rester sobres et quelles rencontrent un milieu où la bonté et l'humanité sont, comme chez M. Wollï", la règle inflexible de conduite vis-à-vis de ces grands enfants que sont les Indiens de l'Amérique. C'est donc avec le plus grand plaisir que je donne le portrait de Pedro (fig. 1 46 , 1 4 7 et i/|8), auquel j'adresse ici l'expression de mes sentiments affectueux.

PORTRAIT DESCRIPTIF

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