‹ Anthropologie bolivienneChapitre 25 sur 199 · EXPLICATION DE LA FIGURE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA FIGURE

Dans la figure ci-contre, Sanabria tient, de La main droite, la Lampe de mineur du pays, metchero, qui brûle non pas avec de L'huile, niais avec du suif. Gomme on peut Le voir, la lampe comporte deux récipients : le supérieur contient le suif et une mèche en coton tressé; Le réservoir inférieur est destiné à recueillir le suif fondu qui déborde quelquefois de la mèche, pour être remis ensuite dans le réservoir supérieur. Derrière la lampe se trouve un crochet où est suspendue une pince qui sert de mouchette.

Les sujets employés comme ornementation sont toujours des croix faciles à remarquer.

De la main gauche, il tient un paquet de mèche pour dynamite. Les chaussures, polcos en quechua, sont prises dans un seul morceau oblong de cuir vert de bœuf, dans lequel on perce des œillères sur le pourtour, afin de froncer cette espèce de sandale fort commode dans la mine, car pour marcher elle s'applique facilement sur les aspérités du sol et empêche de glisser. Une lanière de cuir vert, croisée et qui passe dans les œillères en s'enroulant d'abord sur le cou-de-pied puis à la cheville, fixe ce genre de sandale. Les chaussures ordinaires ne peuvent s'employer que dans les mines où les eaux sont acides, car celles-ci tannent le cuir à la longue, tandis que l'eau douce le pourrit et il répand alors une odeur insupportable.

Les bas dont se sert le mineur se nomment tchantehacos et sont en laine de mouton ou de Marna; on en met deux ou trois paires. Autour de la ceinture et un peu plus bas, la courroie apparente ne retient pas le pantalon; elle sert à porter la prélina, grand disque en cuir vert qui protège le derrière du mineur et lui permet de descendre facilement, au moyen de treuils à air comprimé ou à bras, dans les puits auxiliaires de la mine. Sans cet appareil, les chaînes, cables en acier ou en chanvre dont on se sert, coupent ou font beaucoup de mal. En regardant bien du côté droit de la photogravure, on voit déborder le disque en cuir de la prélina. La courroie qui passe sur l'épaule du sujet sert à soutenir la tchuspa que l'on voit agrémentée de pièces de monnaies d'argent; elle sert à contenir les feuilles de coca et la léjia ou llichla dont il est parlé, page 1 5g ; elle soutient aussi la petite boîte longue dans laquelle le mineur met des objets variés, tels que : cigarettes, allumettes, détonateurs pour dynamite, quelquefois sa montre, pour les préserver de l'humidité. Ce qu'il porte autour du cou n'est pas la « bouffanda », c'est une simple serviette en coton dont il usera fréquemment pour éponger sa sueur, car il fait très chaud dans ces mines. Son chapeau est en feutre et ne diffère pas des coiffures ordinairement employées dans le pays.

METISSE AYMARA.

Clirlir <U M. Georges Bastide.

Fig. 36. — Ciiola aïmara de La Paz.

Remarquable par sus beaux cheveux.

Fig. 37. — Métisses de La Pu/..

Photographies communiquées par M. L. Galland.

Fi". 38. — Métisses de La Paz.

M'iiolograpliies couimunicjuées par M. L. Gall-iml.)

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LES CROISEMENTS D'APRES D'oliliK, \ \ .

La question si importante du mélange des races n'a pas échappé à l'attention de D'Orbigny, et voici ce qu'il en dit au point de vue anthropologique

Nous n'avons vu que très peu de cas bien avérés de croisements entre, différentes nations de races américaines; mais ils nous ont toujours montre des produits supérieurs aux deux types mélangés. Par exemple, les Guaranis

et les Chiquitos donnent des hommes plus grands que leurs nations respectives, et généralement beaucoup plus beaux ; le mélange des Mbocobis ou Tobas du Cbaco avec les Guaranis nous a montré le même résultat. Mais nous n'avons pu recueillir un assez grand nombre de faits pour nous croire autorisé à porter un jugement à cet égard.

Il n'en est pas ainsi du croisement avec la race blanche ou la race nègre. Partout, nous avons pu en observer les produits et en suivre les modifications. Commençons par les mélanges avec la race blanche.

Nous avons trouvé qu'ils étaient loin d'offrir indistinctement les mêmes résultats : celui des Guaranies avec les Espagnols donne des hommes de belle taille, presque blancs, et ayant de beaux traits, dès la première génération. ACorrientes, à Santa Cruz de la Sierra, où ce mélange est le plus commun, on est happé de la beauté, de la noblesse de leur extérieur : les yeux sont grands, le teint très clair, le nez espagnol, ainsi que la plus grande partie des traits. La barbe néanmoins reste rare et ne devient qu'à la troisième génération presque aussi forte que dans la race blanche. C'est de tous les croisements celui qui nous a jiaru le plus satisfaisant, il rivalise presque avec la race blanche.

Les Chiquitéennes avec les Blancs produisent des hommes peu différents de la forme primitive indigène. Quant aux traits, la face reste encore arrondie, et ce caractère ne change qu'à la seconde génération, qui déjà par la couleur ne diffère presque plus des Espagnols.

Fig. 3g. — D" Juana Arteche, dite « ta reine des mines ». La plus rictie métisse de Bolivie, propriétaire des célèbres mines de Colcpuechaca.

(1) Cf. L'Homme américain, p. 68 et suiv.

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