LES CROISEMENTS D'APRES D'ORRIGNY
moins beau et le plus tenace; on y trouve encore à la quatrième génération des traces des Quéchuas, et surtout ce caractère singulier de la coloration jaunâtre de la cornée des yeux au lieu d'être blanche. A la première génération, la couleur diminue peu, les traits changent à peine; la taille reste presque toujours la même.
Celte différence dans le produit du mélange dépend-elle des races qui se croisent ou des lieux de croisemenl ? Nous sciions porté à croire que lune et l'autre cause peuvent avoir part aux effets. Quoi qu'il en soit, le mélange produit, en général, des hommes beaucoup mieux constitués dans les plaines chaudes que sur les montagnes, ce qui , au moins quant à la taille, pourrait être considéré comme une preuve des influences locales. Une remarque qui n'est peut-être pas sans intérêt, c'est cpie tous les mélanges dont nous venons de parler sont toujours les produits d'Espagnols avec les femmes indigènes . et jamais du contraire.
Si nous avons vu des différences marquées entre les mélanges, selon les nations et selon les lieux, sous le rapport physique, la plus grande uniformité règne quant aux facultés intellectuelles; les hommes qui en proviennent sont doués d'une extrême facilité et ne le cèdent en rien, sous ce rapport, à la race blanche.
Le mélange des nègres avec les femmes indigènes, le seul qui existe, produit des hommes supérieurs, pour les traits, aux deux races mélangées; c'est surtout chez les Guaranis que l'on est étonné des résultats : on dirait que la race américaine gagne en beauté, tandis que tout ce qui caractérise la race africaine disparait quant aux traits, pour ne laisser quelquefois d'autres traces que des cheveux crépus. Encore est-il fréquent de voir, dans le premier croisement, les cheveux devenir presque plats, tandis qu'à la troisième génération le croisement du nègre avec le blanc donne toujours des cheveux crépus. Avec les Guaranis, le nez n'est presque plus épaté dès la première génération, et les lèvres épaisses s'elfacent presque en entier. Nous avons aussi remarqué que le mélange ne produisait pas également partout des changements aussi remarquables, et tout nous prouverait encore qu'on doit l'attribuer à des causes purement locales. D'ailleurs un fait que peuvent attester tous les habitants des colonies américaines, c'est que les nègres nés sur le Nouveau Monde ne ressemblent plus à ceux de la même nation qu'on amène de la côte. Un nègre créole, né d'un père et d'une mère \enus d'Afrique, n'a plus les traits outrés de ses parents et se distingue de suite parmi beaucoup d'autres nègres. Ce qui prouverait évidemment qu'il y a, sur les traits comme sur les formes, une influence locale dont on est encore loin d'avoir déterminé les causes.
METISSE AYMAR A.
La
Mail, il,
(!liola mon, laine dv La l'a*.
Observations. - Les bottines sont à li£'"> très hautes el lacées très serrées, souvent de couleur se rap nrochant de colle de la robe. La robe est en velours, ,1c couleur généralement voyante : bleu, jaune. Suivait! la mode actuelle de La l'a/., le jupon de dentelle dépasse 1res légèrement la robe. A Potosi ef autres endroits, la mode esl au contraire de faire dépasser beaucoup le jupon avec garniture de dentelle. Peu de bijoux. Petit chapeau en paille blanche pour l'été, en feutre pour l'hiver. Les cheveux sont séparés sur li' Iront et forment deux longues tresses pendantes sur le dos.