‹ Anthropologie bolivienneChapitre 32 sur 199 · PAMPÉENS. — RAMEAU DES CHIQUITOS · texte numérisé non relu

PAMPÉENS. — RAMEAU DES CHIQUITOS

Cliclic île \l. .1.-1'.. \.i

Fig. '|K. — Femme Chiquit;

Observations. — Cette Indienne est simplement vêtue d'une chemise coulissée à L'encolure el nomme tiimi. Ell<- porte sur la tête une cruche en terre remplie d'eau. Visage agréable et souriant.

Ou/).

qui se

PAMPËENS. — HAMEAU DES CHIQI ITOS.

Otukès, qui peuplent les bords de la rivière du même nom; 4° les Curuminacas et les Cnrucanecas , qui sont voisins des Olukes. La plus grande partie de ces nations sont actuellement très réduites et habitent dans beaucoup de cantons de Chiquitcs.

Fig. '19. — Pirogues employées par les Chiquitos, les Guarayos et autres Indiens du Paraguay.

Observations. — La photographie a été faite sur la lagune de Caccres, en face de Porto Suarez. La rivière Paraguay, qui n'a dans ces parages que 1 m. 20 de profondeur environ, est très poissonneuse.

Ces pirogues sont faites d'un simple tronc d'arbre évidé et taillé à la hache. Kilos atteignent au maximum 1 mètre de large sur 10 mètres de long; elles ne calent que 10 centimètres.

Ces pirogues sont montées généralement par un ou deux hommes, mais peuvent en porter jusqu'à six. Elles sont conduites à l'aide de la pagaie. On s'en sert soit pour porter des marchandises, soit pour passer dune rive à l'autre de la rivière. La navigation est naturellement très dangereuse à cause du peu de stabilité de l'embarcation. Cela ne gênerait pas beaucoup les Indiens, qui sont de très bons nageurs, mais la rivière est infestée d'une part par la piraîia ( serrosalmo) , poisson aplati comme la sole et dont les dénis très tranchantes dévorent rapidement ceux qui tombent à l'eau ; d'autre part , par des milliers de yacaré, petits caïmans qui ont jusqu'à ■> mètres de long.

D'Orbigny, dans son Homme américain, p. 2/18 el suiv. , fait des Chiquitos une description curieuse et très détaillée, qu'il est intéressant de reproduire ici.

La couleur des Chiquitos est identique à celle des naturels du Chaco, quoique un peu moins foncée. Elle est bronzée ou, pour mieux dire, d'un brun pâle, mélangé d'olivâtre, et non de rouge ou de jaune.

PAMPEENS. — RAMEAU DES CHIQUIÏOS. 77

La taille des Chiquitéens, beaucoup moins élevée que celle des habitants du Chaco el du Sud, ne varie guère. La moyenne en est de 1 m. 6b'3, tandis que les plus grands n'ont pas plus de 1 m. y5 à 1 m. 78. Les femmes n'atteignent pas une stature presque égale à celle des hommes, comme on le voit parmi les nations du Sud; elles conservent seulement leurs proportions relatives.

Les formes du corps sont, chez les Chiquitéens, peu différentes de celles des Indiens du Chaco ; le tronc est robuste , la poitrine saillante ; les épaules sont larges; mais, en général, il y a moins de force apparente. Le corps est dune venue ; les membres sont replets , montrant des formes arrondies et jamais de muscles apparents. Du reste, les hommes sont droits, bien plantés; ils ont une démarche aisée. Les femmes — plus larges, plus massives que les hommes — conservent le même diamètre sur toute la longueur du tronc. Aussi montrent-elles beaucoup de vigueur et ne présententelles en rien la beauté idéale des formes antiques.

Les traits des Chiquitéens sont typiques; leur tête est grosse, presque ronde , non comprimée sur les côtés ; la face très pleine , arrondie ; les pommettes ne sont nullement saillantes.

Le front est bas et bombé; le nez, toujours court, est moins épaté que celui des races des plaines. Les yeux sont petits, vifs, expressifs, presque toujours horizontaux; mais, chez quelques individus, l'angle extérieur en est bridé, et annonce une tendance à se relever, comme on le voit dans la race guaranie. Les lèvres sont assez minces, la bouche beaucoup moins grande que chez les nations du Chaco, et toujours prête à sourire; le menton arrondi et court; les sourcils minces et bien marqués. La barbe ne couvre que le dessous du menton, et la moustache, constamment peu fournie, n'est pas liisée. La physionomie est ouverte, annonce la gaîté, la franchise, beaucoup de vivacité. On ne peut néanmoins dire que les figures soient jolies; la plupart , au contraire , sont moins que passables. Les femmes ont la face plus arrondie encore que les hommes, avec beaucoup de gaîté et de naïveté dans l'expression. En général, la figure des hommes n'a rien de mâle.

Les Chiquitéens se font remarquer par une gaité poussée à l'extrême, par leur goût pour la musique et pour la danse, par leur bonté à toute épreuve, leur sociabilité, leur hospitalité, le peu de jalousie que leur inspirent leurs femmes et leurs filles, par leur persévérance et par la facilité avec laquelle ils se sont rangés au christianisme.

11 ne faudrait cependant pas croire que toutes les nations se montrèrent également dociles. La mort de plusieurs Jésuites, lors de la fondation des missions, prouverait le contraire. Mais une fois chrétiennes, elles persévèrent et, aujourd'hui, pour rien au monde ne retourneraient dans les bois, bien différentes sous ce rapport du rameau des plaines, qui, loin de s'être

Page 1