‹ Anthropologie bolivienneChapitre 41 sur 199 · GUARANIS. — RAMEAU DES CIÏIRTGUANOS · texte numérisé non relu

GUARANIS. — RAMEAU DES CIÏIRTGUANOS

raide, enroulée sur la tête et maintenue au moyen d'une sorte de mouchoir long et très large, qu'ils appellent yapiciïana . Les yeux sont petits, les pommettes très saillantes, le nez est large et aplati, la bouche grande, la mâchoire inférieure quelque peu prognathe. En guise d'ornement de la lèvre inférieure, ils introduisent dans son épaisseur une espèce de disque, la tembeta. Les hommes et les femmes se teignent souvent la figure avec Yachoie, onoto ou rocou.

Leur vêtement est un morceau d'étoffe quelconque enroulé autour des hanches. Dans les jours de gala, les hommes passent le tira, chemise de coton, large, longue et sans manches; et, au moyen de longues épines, les femmes fixent sur leurs épaules le lipoi, une blouse ou plutôt un grand sac, ouvert en haut et en bas.

Le caractère de ces Indiens est doux, docile; ils sont intelligents et ennemis jurés des Tobas.

Leurs cases sont propres, spacieuses, construites en roseaux, couvertes de feuilles sèches.

La femme accouche avec la plus grande facilité. Dès qu'elle est délivrée, ou lui serre le corps avec une' corde et on l'étcnd (bouche en bas) sur un lit de sable. Le père et les enfants se mettent dans les hamacs et observent un jeune rigoureux. Une très petite quantité de moté, maïs bouilli, est la seule nourriture du premier pendant plus d'une semaine, des seconds pendant deux ou trois jours. Ils ne peuvent ni boire la chicha, ni assister aux fêtes; s'il en était autrement, disent-ils, la mère et l'enfant mourraient.

Si l'enfant naît difforme ou affligé d'une infirmité quelconque, ils le tuent ou l'enterrent vivant. Si la femme met au monde des jumeaux, ils n'en gardent qu'un et sacrifient l'autre, à moins que la mère ne s'y oppose formellement, ce qui est assez rare.

Si le père de famille est habile à chasser et a tuer le jaguar, ses enfants sont réputés comme devant être forts. Les gamins, dès leur bas âge, s'exercent au maniement de l'arc; aussi acquièrent-ils une grande adresse à lancer les flèches. Les filles vaquent avec la mère aux soins du ménage ; elles l'aident à moudre le maïs au palo, à faire la chicha, à filer les ponchos, etc. Les hommes vont à la pêche, à la chasse; ils sèment et récoltent le maïs; ils apportent le bois à la case.

Les Chiriguanos ont peu de barbe, et encore se l'arrachent-ils. Par contre, leur chevelure est abondante; ils ne la coupent jamais, pour (ruelque cause que ce soit.

La tembeta est l'affirmation de la virilité, la marque distinctive de la tribu. C'est une plaque de-métal ou de bois, large d'un centimètre, et surmontée dans sa partie centrale d'un bouton circulaire faisant saillie cl dont le diamètre varie entre celui d'une pièce de 1 franc et de 5 francs. On la passe dans

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