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VI. INDUSTRIE

A. — Données générales.

1. Est-on chasseur ou pêcheur, pasteur ou agriculteur? — R. L'Indien est surtout agriculteur et pasteur; cependant, dans certains endroits où le gibier est abondant et dans d'autres, à proximité des grands cours d'eau où le poisson se trouve en quantité, il se livre à la chasse et à la pêche.

2. La vie pastorale oblige-t-eHe à la vie nomade? — R. La vie pastorale n'oblige pas à la vie nomade; la famille de l'Indien, la femme, les filles et les enfants en bas âqe restent généralement dans leurs ranchos à /'estancia qu'Us habitent; le mari seul fait les voyages avec les enfants déjà plus grands. La vie nomade n'existe que pour certains Indiens qui font des transports à dos de llama.

Cliché .'c M. J.-D. VauJ

Fis.

Llama avec son conducteur quechua (de Polosi)

Observations. — Les Hamas constituent la principale fortune de l'Indien, aussi en a-t-il le plus grand soin. 11 s'occupe de les faire pailre, de les garder et d'en réglementer la reproduction (cérémonies très curieuses à ce sujet). Cet animal porte de 70 à 80 livres et peut faire jusqu'à l\ lieues par jour. Une fois que la llama est déchargée, elle ne demande aucun soin, elle pourvoit elle-même à sa nourriture, va dans la montagne, mange la paille et les herbes qu'elle trouve. Celui qui possède 100 Hamas est considéré comme un homme riche, et quelques-uns en ont jusqu'à 5oo. Lorsque cet animal ne peut plus rendre de services, on l'abat; on mange la chair, la laine est tissée par les lemmes pour laire des vêtements et le cuir est utilisé pour faire des liens et des sandales.

212 QUESTIONNAIRE ANTHROPOLOGIQl E.

B. — Chasse.

1. Si c'est la chasse qui fournit les principaux moyens d'existence, quels

sont les animaux chassés de préférence? La chasse entraîne-t-elle des migra lions périodiques ou non, à la suite du gibier? — R. La chasse ne fournit pas

les principaux moyens d'existence; comme nous l'avons dit, l'Indien est essentiellement pasteur et agriculteur. Les animaux chassés de préférence sont le guanaco, la vigogne, le cerf de la Cordillère on tarouca, le lièvre de la Cordillère oa viscacha, gui a une longue queue; différentes variétés de perdrix dont les principales sont la pisaca et le quihou, le renard ou atock, le tatou ou quirquincho, l'autruche [nandou) ou zouri, le flamant (pic l'on nomme indifféremment pariguana ou parina, la caille poucou-poucou , la tourterelle, le ramier ou torcaza, le pluvier ou teutiri, le chat sauvage ou ouscollio , le condor ou countur, l'oie sauvage ou gualliata, le canard sauvage qui est de plusieurs espèces, le yaeca-yacca [cet animal a la propriété de guérir l'ensorcellement, voir p. 20U). La chasse n'entraîne pas à des migrations à la suite du gibier.

2. Quels sont les instruments, les ustensiles usités à la chasse? Voir spécialement si, pour prendre les animaux, on emploie des lacs, des pièges, des appeaux et autres moyens ingénieux; en donner la description ou mieux encore s'en procurer des exemplaires. — R. Il existe quelques pièges à renards composés de plusieurs aiguilles de pierres placées en équilibre de façon à écraser l'animal au moindre déplacement. Il existe un autre piège composé avec des pierres plates formant une loge rectangulaire fermée , sauf de l'un des petits côtés, sur lequel est adaptée une coulisse en bois dans laquelle peut se déplacer une autre pierre plate formant trappe. Au moyen de cordes et d'un levier en bois assujetti très légèrement à l'une des extrémités duquel se trouve la pierre formant trappe et de l'autre un appât, les Indiens arrivent à prendre les renards, qui font beaucoup de mal à leurs troupeaux. Ils chassent aussi le puma, qui leur fait de nombreuses victimes; pour cela ils se réunissent en nombre avec leurs chiens, suivent la piste de la bête jusqu'à trouver l'endroit escarpé où elle se tient de jour et l'assomment à coups de fronde et de bâton.

En temps de neige , l'Indien chasse la perdrix pisaca ou quihou en suivant sa piste, alors très bien marquée. La perdrix court devant lui; comme celle-ci n'a pour ainsi dire pas de queue, ou pour mieux dire que la queue est formée de plumes très fines et plantées en forme de boule, la neige s'attache à elles et forme pelote ; quand l'Indien arrive près de la perdrix, celle-ci se lève, mais pour retomber bientôt, ne pouvant enlever facilement le poids de neige qu'elle traîne à la queue; l'Indien voit sa remise et n'a plus qu'à aller l'assommer à coups de bâton. Il existe également des pièges à perdrix composés d'un entrelacement de fils où s'empêtre l'oiseau. La chasse à la vigogne et au chinchilla est interdite, mais malgré cela on la pratique.

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